MONTPELLIER : Histoire de la Médecine et Opéra Comédie.

Voir ici les photos de notre sortie à MONTPELLIER.

Voir ici les photos de Martine T.

Voir ici les photos d’André.

Nous voici réunis dans le bus qui nous amène à Montpellier, ensuite nous pouvons faire un petit tour sur la place de la Comédie et nous mettre dans l’ambiance de la ville… Marie-Hélène et Xavier nous rejoignent, le groupe se sépare en deux : une partie se dirige vers l’Opéra Comédie et l’autre vers la Chambre de Commerce…

L’Opéra Comédie :

Le premier théâtre,  a été construit par l’architecte Jacques Philippe Mareschal, architecte Royal, celui-là même qui a travaillé aux Jardins de la Fontaine à Nîmes dont nous avons parlé lors de notre rando citadine, hier, à Nîmes. Inauguré le 22 décembre 1755 il comporte une salle de spectacle doublée d’une salle de concert perpendiculaire à la première. Il s’agit déjà d’une originalité de l’Opéra de Montpellier que l’on retrouve encore aujourd’hui. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1785 un incendie détériore ce théâtre mais il est reconstruit à l’identique. En fonction en 1788, un nouvel incendie le détériore  à nouveau et pendant la Révolution il sert à différentes manifestations :  pièces de propagande, lieu de réunion pour les « amis de la constitution ».  Dans la nuit du 5 au 6 avril 1881, un incendie détruit complètement le bâtiment : rien n’est récupérable. Un théâtre provisoire (réalisé en bois, en 59 jours et malgré cela d’un luxe très bourgeois), est construit sur le Champ de Mars devenu depuis l’Esplanade, et un concours est lancé pour la construction d’un nouveau bâtiment.

Inauguré en 1888, l’Opéra Comédie d’aujourd’hui est un grand théâtre à l’Italienne qui est l’œuvre de l’architecte Joseph-Marie Cassien Bernard  élève de Charles Garnier.   Soucieux d’apparat bourgeois, il orne la façade de trois baies vitrées grandioses surplombant trois larges portes et un grand parvis, et coiffées d’une balustrade ornée de quatre statues représentant le Chant, la Poésie, la Tragédie et la Comédie et d’une horloge monumentale, le tout confié au célèbre sculpteur biterrois Jean-Antoine Injalbert… Nous sommes réunis dans l’entrée où un grand escalier de marbre blanc à double volute mène du petit vestibule au parvis de la première galerie et démontre par sa présence somptuaire à quel point Cassien-Bernard a compris la leçon de Garnier : l’opéra lieu de spectacle est aussi un lieu du « paraître ».

Dans le Grand Foyer, les 8 fresques représentent la Danse, la Pastorale, la Poésie, la Comédie, le Chant, l’Histoire, la Musique et la Tragédie et la Voix Lactée, un tableau de dix neuf mètres par cinq orne le plafond dans un fleuve monumental et aérien de femmes nues au front étoilé.

On continue par l’admiration des trois coupoles du grand escalier qui représentent l’Aurore, une nymphe qui se dévoile au chant du coq, le Jour symbolisé par le Char d’Apollon et la Nuit, une autre nymphe qui s’éveille au chant d’un troubadour.

Nous entrons enfin dans la grande salle  qui propose 1200 places comme la plupart des théâtres à l’Italienne français de la fin du XIXe siècle. Elle se développe sur cinq niveaux, du parterre, divisé par une travée centrale, à la quatrième galerie surmontée d’un plafond peint.  Le plus impressionnant c’est ce lustre de cristal au centre de la coupole exécutée avec un motif imposé : « La Ville de Montpellier sous la figure d’une femme debout sur les degrés du temple de la gloire appelant à elle les poètes, les littérateurs et les musiciens, au-dessus de l’ouverture de scène, plus loin, les danses de Languedoc, la danse du chevalet, la danse des treilles, les jeux floraux, la farandole… ».

Un des régisseurs de l’Opéra nous explique que le lustre monumental ne s’abaisse pas dans la salle pour son entretien mensuel mais s’élève, grâce à deux demi coupoles mobiles, jusque dans la salle dite « du lustre », où il se fixe au centre d’un échafaudage permanent facilitant l’accès des électriciens.

Autre élément surprenant, le fameux lambrequin qui couronne le cadre de scène d’une hauteur de neuf mètres et d’une largeur de douze mètres quatre-vingt. La scène, occupée par des intermittents du spectacle qui travaillent à l’élaboration de la prochaine production sous la conduite du producteur, est d’une surface totale de 440 m2. Lorsqu’on y pose les pieds on est envahi par une certaine émotion distraite par la joie et la bonne humeur de tous ces messieurs qui s’activent : les uns à dérouler des bâches, d’autres à accrocher des animaux marins fantastiques… certains sur leur pupitre, car comme on nous l’explique l’Opéra a  bénéficié dès l’origine des derniers progrès techniques…

On entre aussi dans la fosse, prévue à l’origine pour contenir cinquante musiciens…

On tire le rideau pour assister à une répétition dans la belle salle Molière perpendiculaire à la salle de spectacles, toujours dans la tradition montpelliéraine déjà remarquée dans les deux théâtres précédents.

Les régisseurs lyriques qui ont accompagné notre guide conférencière nous ont fait partager la passion de leur métier et, d’après les échanges sur la scène, on a pu se rendre compte de l’ambiance joyeuse qui règne dans l’équipe technique mais au combien rigoureuse lors de chaque représentation.

Une visite extraordinaire, unique !

Mais la visite sur l’Histoire de la Médecine n’en était pas moins intéressante :

Nous suivons Xavier qui nous entraîne tout d’abord vers l’Hôtel Saint-Côme qui est aujourd’hui le siège de la chambre de commerce de Montpellier.

Ce n’est pas la fonction actuelle que nous présente notre guide mais l’histoire de ce bâtiment qui a été construit grâce à la fortune du chirurgien François de Lapeyronie pour l’édification d’un « amphithéâtre d’anatomie » semblable à celui du collège St-Côme de Paris. Construit entre 1747 et 1757 sur des plans dessinés par l’architecte montpelliérain Jean-Antoine Giral il comprend deux bâtiments, l’un donnant sur la cour qui abritait une salle de réunion des chirurgiens et de l’autre côté d’une cour intérieure un amphithéâtre proprement dit, destiné aux démonstrations d’anatomie.

Bien installés Xavier nous raconte que la médecine montpelliéraine  est née de la pratique, en dehors de tout cadre institutionnel, au début du XIIe siècle  grâce au seigneur de Montpellier Guilhem VIII qui  accorde à tous et donc aux Juifs  (1181)  le droit d’exercer et d’enseigner la médecine.  Jusqu’au début du XIVe siècle, l’enseignement ne se fait dans   aucun bâtiment propre à cet effet, les cours sont dispensés au domicile des régents ; seuls les actes sont réalisés dans l’église Saint-Firmin. En 1340 se crée un cours d’anatomie qui fera bientôt sa renommée. L’école de médecine jouit d’un grand prestige, ayant la réputation d’avoir hérité du savoir des Arabes et des Juifs, et accueille des étudiants de toute l’Europe. Son rayonnement va bénéficier de l’enseignement de maîtres illustres, dont  Arnaud de Villeneuve et Gui de Chauliac…. Plus tard l’enseignement sera marqué par la perte progressive de la tutelle cléricale au profit de l’État . La faculté va acquérir ses propres locaux vers 1450 et s’appeler le « collège royal de médecine ».  De nouvelles règles sont édictées par le décret royal de  Louis XII.  En 1556 la faculté est la première de France à se doter d’un amphithéâtre consacré à l’examen des cadavres. Sous le règne d’Henri IV l’école de médecine est dotée d’un « jardin des plantes » qui est le  Premier Jardin Royal de France, antérieur à celui de Paris.  Les guerres de religion vont mettre un terme à cette floraison. Montpellier, en rivalité avec Paris, fournit néanmoins la plupart des médecins du roi, dont François Gigot de Lapeyronie à qui l’on doit cette belle coupole !

Direction, maintenant vers l’apothicairerie de l’œuvre de la Miséricorde, dont l’aménagement regroupe un mobilier d’une grande diversité lié à la fabrication, la classification et la présentation de la pharmacopée.

Xavier nous raconte son fonctionnement, la collection de faïences avec ses grands pots de montre, les grandes cruches, les chevrettes, les pots cylindriques, à canon… ainsi que les fameux meubles à tiroirs. Un régal pour les yeux !

10 mn de marche supplémentaire dans les rues animées et nous voici devant l’imposante cathédrale Saint-Pierre de Montpellier où les cloches (logées dans un campanile en fer forgé)  nous accueillent à toutes volées !

Difficile de nous raconter l’histoire de la faculté de médecine à l’extérieur nous entrons donc dans le grand vestibule où nous admirons l’escalier qui date du XVIIIe siècle. Nous sommes dans un ancien monastère bénédictin qui date du XIVe siècle qu’Urbain V a voulu bâtir et qu’il a inauguré le 14 février 1367.  Sous la Révolution française ce palais épiscopal est transformé en prison puis est affecté à l’école de médecine en 1795 grâce à Jean-Antoine Chaptal qui souhaite attribuer des locaux prestigieux à la célèbre école de médecine de Montpellier…

Nous entrons dans la salle des actes, qui était l’ancienne chapelle des évêques, où à lieu des soutenances de thèses de médecine encore de nos jours. (Emotion pour celui qui a revêtu la fameuse « robe rouge » !…).

C’est ainsi que s’achève cette belle et enrichissante journée montpelliéraine….

Sortie BUS : Transfert bus + Visite guidée de l’Opéra Comédie + visite guidée sur l’Histoire de la Médecine – 50 personnes  – prix 20 € (Bus + entrées + 4 guides).