LA COSTIERE

Voir ici les photos de notre randonnée à Bellegarde.
Voir ici les photos de Brigitte.

Sous un soleil encore très estival, nous voilà partis à la découverte de la Costière de Bellegarde. Une randonnée qui allait nous réserver quelques surprises… et même nous offrir un petit voyage en Amazonie !
Rendez-vous au centre-ville de Bellegarde, où nous commençons par une petite halte stratégique : permettre aux étourdis d’acheter leur pique-nique ! Une fois tout le monde ravitaillé, nous profitons de notre passage dans le centre pour découvrir un peu le patrimoine bellegardais.
Nous faisons d’abord un détour par la mairie, installée dans un bâtiment construit vers 1850, avant de découvrir, juste en face, l’église Saint-Jean-Baptiste. Édifiée entre 1860 et 1864, elle a remplacé une église devenue trop petite pour accueillir les fidèles.
Mais nous ne sommes pas venus pour faire du tourisme ! Il est temps de marcher !
Nous rejoignons le port de plaisance, avec ses bateaux tranquillement amarrés, puis nous empruntons le chemin qui longe le canal en direction du pont de Broussan.
Bon, il faut bien l’avouer : cette première partie n’est pas la plus enthousiasmante du parcours ! C’est long, c’est plat, c’est tout droit… et le paysage ne se renouvelle pas beaucoup. Heureusement, quelques hérons cendrés viennent égayer notre progression, tandis qu’une multitude de nénuphars habillent la surface de l’eau. Mais notre véritable attraction du matin, ce sont les fameux «cornichons d’âne», également appelés «concombres d’âne » ! Cette drôle de plante méditerranéenne, dont le nom scientifique est Ecballium elaterium, possède un système de dispersion des graines pour le moins spectaculaire. À maturité, ses petits fruits accumulent une forte pression interne. Au moindre contact, ils se détachent brusquement de leur pédoncule et projettent un jet de liquide chargé de graines, parfois à plusieurs mètres ! Autant dire que nous ne résistons pas longtemps à l’envie de provoquer quelques explosions végétales ! Les cornichons fusent, les rires éclatent et notre chemin, jusque-là un peu monotone, prend soudain des allures de terrain de jeux !
Attention toutefois : cette plante est toxique et son jus peut être irritant. Mieux vaut admirer ses prouesses sans chercher à recevoir ses projectiles !
Arrivés au pont de Broussan, nous quittons enfin le canal pour prendre un joli chemin ombragé qui nous permet de monter tout en douceur sur le plateau. Quel plaisir de retrouver un peu de relief et de verdure !
Nous traversons ensuite une grande étendue plantée d’oliviers. Devant nous, en ligne de mire, se dessine le château Laval, tandis que notre groupe avance d’un bon pas sous le soleil.
Et voilà qu’une drôle de chenille mécanique attire notre attention ! Pas question ici d’une chenille qui deviendra papillon : celle-ci est bien plus imposante ! Il s’agit d’un équipement industriel qui transporte des pierres destinées aux Ciments Lafarge. Une rencontre inattendue au milieu de notre balade champêtre !
Enfin, nous amorçons la descente vers le chemin du Troubadour. Et là, changement complet de décor ! Nous retrouvons l’ombre des grands arbres, une végétation généreuse et, surtout, le doux murmure du Rieu, cette petite rivière qui serpente au pied de la Costière. Malgré la sécheresse qui sévit depuis des mois, l’eau coule abondamment. Une véritable invitation à la fraîcheur !
C’est ici que nous décidons de poser nos sacs pour le pique-nique.
Installés au bord de l’eau, nous savourons ce moment de détente dans un cadre absolument charmant. Les conversations vont bon train, les plaisanteries fusent, les repas se partagent et chacun profite de cette parenthèse champêtre.
L’endroit est bucolique, chaleureux… presque romantique ! Enfin, romantique, c’est peut-être beaucoup dire pour notre joyeuse troupe de randonneurs ! Mais il ne manque pas grand-chose pour se croire dans un tableau impressionniste !
Nous profitons également de cette halte pour évoquer une autre richesse du secteur : les vestiges d’un aqueduc romain. Construit au Ier siècle de notre ère, cet ouvrage captait l’eau à l’ouest de Bellegarde et la transportait sur plusieurs kilomètres. Les archéologues estiment qu’il pouvait acheminer environ 150 à 200 litres d’eau par seconde ! Sa destination probable était le quartier antique de Trinquetaille, sur la rive droite du Rhône, associé à la ville romaine d’Arles.
Et voilà qu’une question anime notre groupe : comment les Romains faisaient-ils pour faire traverser le Rhône à cette eau ? Pont ? Siphon ? Autre système ingénieux ? Le mystère reste entier ! Aucun vestige ne permet aujourd’hui d’affirmer que cet aqueduc franchissait réellement le fleuve.
Et quelle belle surprise nous réserve encore le Troubadour ! Le sentier serpente au bord de l’eau, sous de grands arbres dont les racines plongent dans la rivière. Des lianes s’entremêlent aux branches, la verdure nous enveloppe et, sur notre droite, un joli bois de feuillus complète ce décor luxuriant. Par endroits, nous avons presque l’impression de nous retrouver en Amazonie ! Bon, les crocodiles et les anacondas ne sont pas au rendez-vous… mais pour le reste, le dépaysement est bien là !
Nous avançons tranquillement, savourant cette fraîcheur bienvenue et la beauté de ce petit coin de nature qui contraste tellement avec les paysages plus secs que nous côtoyons ces jours-ci.
Notre joli chemin nous conduit finalement jusqu’au plan d’eau des Moulins. Nous y évoquons au passage le Musée de l’Eau, qui conserve notamment une remarquable section de 22 mètres de l’aqueduc romain de Bellegarde.
Nous filons maintenant vers le centre-ville avec une idée bien précise en tête… Trouver une terrasse et commander des boissons bien fraîches ! Mission accomplie !
Installés confortablement, nous savourons ce dernier moment de convivialité. Les verres se lèvent, les conversations reprennent et chacun revient sur les petits plaisirs de cette première randonnée.
Il faut dire que, malgré la chaleur, les conditions ont été plutôt agréables. Le mistral soufflait juste ce qu’il fallait pour nous rafraîchir, et les chemins ombragés de la fin de matinée nous ont offert un confort particulièrement apprécié.
Des découvertes patrimoniales, quelques longueurs le long du canal, des cornichons explosifs, des oliviers, une chenille mécanique, un pique-nique au bord de l’eau, un soupçon d’Amazonie et une terrasse pour terminer… Voilà une première randonnée qui nous a permis de retrouver tout ce que nous aimons à La Culturothèque : marcher, découvrir, apprendre, rire et partager de bons moments ensemble !
12.5 km – 92 m.