Voir ici quelques photos de notre journée à AIX EN PROVENCE.
Pour notre première sortie culturelle de la saison, nous avons choisi une destination qui ne nous est pas vraiment inconnue : Aix-en-Provence !
L’objet principal de cette journée était la visite de l’exposition «Toulouse-Lautrec, créateur d’icônes », présentée à l’Hôtel de Caumont. Mais, comme toujours avec La Culturothèque, le programme ne se limitait pas à une seule visite : une belle découverte artistique et une promenade dans le cœur historique d’Aix nous attendaient également.
Premier plaisir de la journée : nous retrouvons Barbara, notre guide, que nous aimons beaucoup et qui sait si bien nous faire partager ses connaissances !
Après avoir remis à chacun ses écouteurs, elle nous entraîne au premier étage de l’exposition, où nous plongeons immédiatement dans l’univers de Toulouse-Lautrec et du Montmartre de la Belle Époque.
Nous découvrons ses célèbres affiches et, surtout, les personnages qui les ont inspirées. La Goulue, reine du Moulin Rouge et du cancan, Jane Avril, danseuse à la silhouette si particulière, Yvette Guilbert, chanteuse reconnaissable à ses longs gants noirs, Cha-U-Kao, clownesse et danseuse, ou encore Loïe Fuller, célèbre pour ses danses aux voiles tourbillonnants… Sans oublier Aristide Bruant, avec son chapeau noir, son écharpe rouge et son allure de mauvais garçon !
Barbara nous raconte leurs histoires, leurs personnalités, leurs succès, mais aussi leurs difficultés. Derrière ces affiches que nous connaissons tous se cachent des femmes et des hommes bien réels, avec leurs joies, leurs peines et leurs destins parfois étonnants.
Toulouse-Lautrec ne se contentait pas de représenter les vedettes de son époque : il savait saisir un geste, une attitude, une silhouette, et les rendre immédiatement reconnaissables. En quelques traits, avec des couleurs franches et des compositions audacieuses, il a créé des images qui traversent encore le temps.
Au deuxième étage, nous découvrons une autre facette de son talent, notamment à travers une belle collection de portraits.
Bien avant de devenir le grand affichiste que nous connaissons, Toulouse-Lautrec s’intéressait déjà passionnément aux êtres humains. Il aimait observer les visages, les expressions, les attitudes, et cherchait à révéler la personnalité de ses modèles.
Issu d’une famille aristocratique, il aurait pu se consacrer aux portraits mondains. Mais ce sont les gens du spectacle, les artistes, les danseuses, les femmes des maisons closes et tous ceux qui peuplaient son quotidien qui l’intéressaient particulièrement.
Il les représentait sans chercher à les embellir, avec un regard attentif, parfois tendre, parfois ironique, mais toujours profondément humain.
Nous comprenons alors que ses célèbres affiches ne sont pas apparues par hasard : elles sont aussi le résultat de toutes ces années passées à observer, dessiner et peindre les autres.
La visite se termine par un film qui nous replonge dans l’atmosphère du Montmartre de la fin du XIXe siècle. Les cabarets, les salles de concert, les danseuses de cancan, les nuits parisiennes… Tout un monde que Toulouse-Lautrec a si bien immortalisé !
À la sortie, tout le monde est ravi. L’exposition nous a beaucoup plu, mais nous sommes surtout sous le charme des explications de Barbara. Quelle fluidité ! Elle passe d’un personnage à l’autre, d’une anecdote à une œuvre, avec une aisance extraordinaire. On pourrait l’écouter pendant des heures !
Il est temps de nous disperser pour le repas de midi. Chacun choisit son petit coin, sa terrasse ou son restaurant. Et, cette fois, presque tout le monde a décidé de se faire plaisir autour d’une bonne table !
Lorsque nous nous retrouvons, les conversations vont bon train. Chacun raconte son repas, vante les mérites de son plat… Manifestement, cette pause gastronomique a été appréciée autant que la visite du matin !
Barbara nous rejoint pour la deuxième partie de notre journée. Cette fois, elle nous entraîne dans le cœur ancien d’Aix, sur le thème « Aix et l’Italie ».
Et nous voilà partis pour une promenade qui nous oblige à regarder… en l’air !
Il faut dire qu’à Aix, les trésors ne se trouvent pas seulement dans les musées. Ils sont aussi sur les façades, au-dessus des portes, dans les cours des hôtels particuliers et jusque dans les moindres détails des sculptures.
Barbara attire notre attention sur l’influence italienne dans l’architecture de la ville : les façades élégantes, les décors sculptés, les proportions des bâtiments et ce goût pour la mise en scène que l’on retrouve dans de nombreuses villes d’Italie.
Nous admirons de magnifiques portes, des balcons ouvragés, des fenêtres richement décorées… Autant de détails devant lesquels nous serions probablement passés sans les remarquer !
Le temps est idéal. Il fait bon, sans chaleur excessive, et nous prenons plaisir à flâner dans les ruelles et sur les petites places. Nous nous arrêtons notamment sur la charmante place des Trois Ormeaux. Autrefois située à l’extérieur des remparts, elle doit son nom aux trois ormes qui l’ombrageaient au XVIIe siècle. Ceux-ci ont depuis longtemps disparu, remplacés par d’autres arbres, mais la place a conservé tout son charme. Au centre, une jolie fontaine, édifiée en 1632 à l’emplacement d’un ancien puits, attire notre attention. Son bassin de pierre et ses décors de feuillages et de grappes de raisin lui donnent beaucoup d’élégance. C’est l’une de ces petites places provençales où l’on aimerait s’installer quelques instants, simplement pour profiter de la douceur de vivre !
Mais Barbara nous attend déjà un peu plus loin… Notre promenade n’est pas terminée !
Nous arrivons à la chapelle de la Visitation, où nous attend une découverte pour le moins inattendue.
À l’intérieur, dans le cadre de l’exposition « Incarnation », nous découvrons les étonnants gisants imaginés par Jeanne Vicerial.
Cette jeune artiste française possède un parcours original : formée au costume et au design de mode, elle a développé une technique personnelle de création textile, à mi-chemin entre la sculpture, le vêtement et l’art contemporain.
À partir de fils, de cordes et de matières textiles qu’elle assemble minutieusement, elle donne naissance à des formes qui évoquent le corps humain, la peau, les muscles, les organes ou encore les drapés des sculptures anciennes.
Ses créations demandent un travail d’une précision extraordinaire.
Dans la chapelle, ses personnages allongés rappellent les gisants des tombeaux médiévaux. Mais ici, les corps semblent presque vivants, comme enveloppés d’une seconde peau faite de milliers de fils.
L’effet est saisissant !
Ces œuvres nous interrogent sur le corps, la vie, la mort, la transformation et la place de la femme dans l’histoire de l’art.
Chacun observe ces étranges silhouettes à sa manière. Certains sont fascinés par la technique, d’autres par la symbolique ou par l’atmosphère particulière qui se dégage de la chapelle.
Une chose est sûre : cette visite ne nous laisse pas indifférents !
Il est déjà 16 heures lorsque nous quittons Barbara, après l’avoir chaleureusement remerciée pour cette journée si riche en découvertes. Il ne nous reste plus qu’à redescendre tranquillement le cours Mirabeau, à profiter une dernière fois de l’ambiance aixoise, puis à rejoindre nos voitures.
Nous reprenons la route vers Beaucaire, heureux de cette première escapade qui nous a permis de retrouver nos amis, de découvrir de belles œuvres et de partager de bons moments.
Une exposition passionnante, une guide formidable, un bon repas, une promenade agréable et même une découverte artistique inattendue… Que demander de plus pour commencer la saison ?
La saison culturelle 2026-2027 est lancée, et elle commence plutôt bien !


