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Le temps est incertain ce matin… Quelques nuages nous font craindre la pluie, mais, comme d’habitude, nous croyons en notre bonne étoile ! Et puis, il en faudrait davantage pour décourager les curieux de La Culturothèque, surtout lorsqu’une belle journée de découvertes nous attend !
Nous retrouvons Jean-François, notre guide, qui nous entraîne d’emblée vers le Théâtre Antique d’Arles. Nous prenons place sur les gradins et, confortablement installés, nous voilà partis pour un formidable voyage de plus de 2 000 ans !
Jean-François commence par nous raconter l’histoire d’Arles. La ville, que les Romains appelaient Arelate, existait bien avant leur arrivée. Mais c’est Jules César qui va changer son destin. En 46 avant J.-C., pour récompenser la cité de son soutien lors de sa guerre contre Pompée, il décide d’y installer une colonie de vétérans de ses légions. Arles devient alors une véritable ville romaine, qui va connaître une période de grande prospérité.
Quelques décennies plus tard, sous le règne de l’empereur Auguste, la ville se transforme. On construit de grands monuments pour montrer la puissance de Rome, mais aussi pour offrir aux habitants les plaisirs et les distractions de la civilisation romaine.
C’est ainsi que naît, vers la fin du Ier siècle avant J.-C., notre magnifique Théâtre Antique, l’un des premiers grands théâtres romains construits en Gaule.
À l’époque, il pouvait accueillir environ 10 000 spectateurs ! Imaginez un peu ces gradins remplis, les conversations, les applaudissements et, devant eux, un immense mur de scène richement décoré de colonnes, de statues et de marbres.
Le théâtre était aussi un lieu où l’on célébrait la grandeur de Rome et de l’empereur Auguste. On y représentait des tragédies inspirées des mythes et des dieux, des comédies et des spectacles populaires. Les acteurs, uniquement des hommes pour les rôles parlés du théâtre traditionnel, portaient des costumes et parfois des masques qui permettaient de reconnaître les personnages.
Et puis, Jean-François nous rappelle que c’est ici qu’a été découverte, en 1651, la célèbre Vénus d’Arles, aujourd’hui conservée au musée du Louvre. Une statue qui nous accompagnera, en quelque sorte, tout au long de cette journée ! Nous regardons maintenant ces vestiges d’un autre œil. Il ne reste que quelques colonnes du mur de scène, dont les fameuses « Deux Veuves », mais avec un peu d’imagination, nous retrouvons toute la splendeur de ce monument.
Le ciel bleu du matin commence à se couvrir de quelques nuages… mais toujours pas une goutte de pluie ! Notre bonne étoile veille sur nous !
Nous nous dirigeons maintenant vers l’amphithéâtre d’Arles, les célèbres Arènes.
Changement d’ambiance ! Ici, plus de théâtre, de tragédies ou de comédies : nous entrons dans le monde spectaculaire, parfois cruel, des jeux romains.
Construit vers la fin du Ier siècle après J.-C., sous la dynastie des Flaviens, cet immense édifice pouvait accueillir environ 20 000 spectateurs. Sa forme elliptique, ses deux niveaux d’arcades, ses galeries et ses escaliers témoignent de l’extraordinaire savoir-faire des architectes romains.
Nous déambulons dans les couloirs, admirons les voûtes, découvrons les différents accès… Tout était organisé pour permettre à cette foule considérable de rejoindre rapidement les gradins.
Et justement, nous voilà une nouvelle fois installés sur les gradins pour écouter Jean-François !
Il nous raconte les spectacles qui se déroulaient dans l’arène. Il y avait d’abord les chasses, appelées venationes, au cours desquelles des chasseurs spécialisés affrontaient des animaux sauvages. Lions, ours, sangliers et autres bêtes pouvaient être présentés au public. Certains animaux venaient de régions très éloignées de l’Empire : c’était aussi une manière de montrer l’étendue de la puissance romaine.
Et puis, bien sûr, il y avait les fameux combats de gladiateurs ! Contrairement à ce que nous montrent souvent les films, tous ces combats ne se terminaient pas par la mort d’un combattant. Les gladiateurs étaient entraînés dans des écoles spécialisées, coûtaient cher à leurs propriétaires et représentaient un véritable investissement. Certains devenaient même de grandes vedettes ! Ils combattaient avec des équipements différents : le rétiaire, armé de son filet et de son trident, pouvait affronter un secutor muni d’un casque, d’un bouclier et d’une épée. Tout un spectacle, avec ses règles, ses arbitres et un public passionné ! Nous imaginons facilement les cris de la foule, les encouragements, les applaudissements… Il ne manque plus que les gladiateurs !
Jean-François est décidément un guide attachant, sympathique, qui sait captiver son auditoire. Ses explications sont claires, vivantes et ponctuées de petites anecdotes. Nous l’écoutons avec beaucoup de plaisir.
Et comme Jean-François est généreux, il nous réserve un petit supplément de visite ! Nous voici devant le magnifique portail roman de l’église Saint-Trophime, véritable livre d’images sculpté dans la pierre, datant du XIIe siècle.
Au centre, le Christ en majesté, entouré des symboles des quatre évangélistes, domine la scène du Jugement dernier. De part et d’autre, les apôtres, les saints et les élus prennent place dans un extraordinaire décor sculpté. À une époque où une grande partie de la population ne savait pas lire, ces sculptures permettaient de raconter les grands épisodes de la religion chrétienne. Une véritable bande dessinée médiévale, en quelque sorte ! Une belle façon de passer, en quelques pas, de l’Antiquité romaine au Moyen Âge !
Toutes ces découvertes, ces déplacements et ces explications, cela creuse l’appétit ! Nous nous retrouvons donc autour d’un bon repas revigorant. C’est aussi cela, les sorties de La Culturothèque : le plaisir de découvrir, mais également celui de se retrouver, de discuter et de partager un moment convivial.
Et comme notre journée n’est pas terminée, nous reprenons des forces avant de poursuivre notre voyage dans l’Antiquité.
L’après-midi, nous rejoignons le Musée départemental Arles antique pour découvrir l’exposition « Le Passage de Vénus ».
Notre nouvelle guide est, elle aussi, particulièrement sympathique et nous entraîne dans l’univers fascinant d’Aphrodite, devenue Vénus chez les Romains. Mais qui est donc cette déesse qui a traversé les siècles sans jamais perdre son pouvoir de séduction ?
Dans la mythologie grecque, Aphrodite est la déesse de l’amour, de la beauté et du désir. Selon l’une des traditions les plus célèbres, racontée par le poète Hésiode, elle naît de l’écume de la mer et apparaît dans toute sa beauté.
Les Romains l’adoptent sous le nom de Vénus. Elle prend alors une importance toute particulière, puisque Jules César affirme que sa famille descend de la déesse, par l’intermédiaire du héros troyen Énée et de son fils Iule.
Et puis, il y a cette fameuse histoire de la pomme d’or ! Lors d’un concours de beauté entre Héra, Athéna et Aphrodite, le prince troyen Pâris doit désigner la plus belle. Aphrodite lui promet l’amour d’Hélène, la plus belle femme du monde. Pâris lui remet la pomme… et cette décision contribuera au déclenchement de la guerre de Troie ! Voilà pourquoi la pomme est devenue l’un des attributs de Vénus.
Notre guide nous explique aussi comment l’image de cette déesse a évolué au fil des siècles. D’abord représentée comme une divinité puissante, elle devient progressivement l’incarnation de la beauté féminine, de la sensualité et de l’amour. Et cette fascination ne s’est jamais arrêtée ! De l’Antiquité à la Renaissance, jusqu’à nos artistes contemporains, Vénus continue d’inspirer les créateurs. Nous poursuivons la visite dans les collections permanentes où se cachent, parmi les œuvres antiques, plusieurs représentations de Vénus issues de l’art contemporain. Voilà un dialogue bien intéressant entre les époques ! Les artistes d’aujourd’hui reprennent cette figure vieille de plus de 2 000 ans, la transforment, l’interprètent et nous invitent à porter un autre regard sur la beauté et sur le corps féminin.
Puis vient le moment de remercier notre charmante guide.
Mais nous n’avons pas encore envie de quitter le musée ! Alors, tous ensemble, nous décidons de prolonger un peu notre visite.
Et nous avons bien raison !
Nous nous attardons devant les extraordinaires maquettes qui permettent de retrouver Arles à l’époque romaine. Quelle merveille de voir ainsi reconstitués les monuments que nous avons parcourus le matin ! Le théâtre, l’amphithéâtre… Tout prend soudain une autre dimension.
Nous découvrons également le célèbre buste attribué à Jules César, retrouvé dans le Rhône en 2007. Son identification fait encore débat parmi les spécialistes, mais quel visage impressionnant ! On se surprend à imaginer qu’il pourrait s’agir du grand César lui-même. Et puis, impossible de quitter le musée sans admirer Arles-Rhône 3, cette extraordinaire embarcation gallo-romaine découverte dans le Rhône. Longue d’environ 31 mètres, elle date du Ier siècle après J.-C. et servait au transport de marchandises sur le fleuve. Un véritable trésor archéologique qui nous rappelle combien le Rhône était une voie de communication essentielle pour la prospérité d’Arles.
Finalement, notre bonne étoile ne nous aura pas abandonnés ! Malgré un ciel parfois menaçant, nous avons pu profiter pleinement de toutes nos visites.
Du Théâtre Antique aux Arènes, des sculptures romanes de Saint-Trophime aux représentations de Vénus, nous avons traversé les siècles, rencontré des empereurs, des gladiateurs, des dieux et des déesses… sans oublier les trésors retrouvés dans les eaux du Rhône !
Un grand merci à nos deux guides pour leur gentillesse, leur enthousiasme et la qualité de leurs explications. Et surtout, merci à tous pour votre bonne humeur, votre curiosité et ces agréables moments partagés.
Encore une journée riche en découvertes, en culture et en convivialité…


