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Arrivés à Avignon, la pluie est toujours d’actualité mais nous nous réfugions, pour notre bonheur, aux Halles ! Un petit café et visite des étalages plus appétissants les uns que les autres.
L’heure de notre rdv arrive très vite… et là nous avons un étrange sentiment : Le temps s’est arrêté aux Bains Pommer !
Notre guide raconte :
«En décembre 1890, après avoir travaillé aux « Bains de la Poste » rue de la République, Auguste Pommer inaugure l’Hôtel Grands Bains de la Place Pie dont il avait dessiné les plans, et qui comprend une trentaine de salles de bains et une vingtaine de cabines de douche, sur une superficie de 790m², soit la moitié du bâti.
Il a tout prévu : l’usine à eau chaude alimentée par trois chaudières à charbon, une station de pompage, des réservoirs pour l’eau et des terrasses pour sécher le linge.
Outre la famille Pommer, quatre employés assurent un service et une propreté irréprochables : serviettes chaudes, produits de toilette.
Le décor Belle Epoque est somptueux : escalier à double volée, faïences, mosaïques, miroirs, bois cirés, profusion de plantes vertes dans des vases turquoise, cuivres étincelants, vitrine de produits de toilette, « régulateur » d’Antoine Marc et pendule provençale de Saïn, tous deux horlogers avignonnais.
L’établissement, qui a tout d’une station thermale miniature, attire la bourgeoisie locale en lui permettant de bénéficier de soins d’hydrothérapie. Frédéric Mistral en personne serait venu apprécier les bienfaits des bains.
Plus tard, avec le développement des notions d’hygiène, l’établissement sera ouvert au grand public.
Le tout-à-l’égout ne s’impose qu’à la fin du XIXème siècle, et il faudra attendre les années 1970 pour que l’installation de salles de bains privées se généralise, d’où le recours fréquent aux Bains publics.
Les cabines de bain et de douche offrent tout le confort souhaitable et on peut appeler le personnel à l’aide d’une clochette en étain.
Des serviettes chaudes sont fournies. Les baignoires sont frottées avec de la cendre tamisée pour ne pas les rayer. Tout est lavé quotidiennement.
Au comptoir, le client choisit bain ou douche et accroche quelque chose à la porte pour signifier que la cabine est occupée. Le linge et les caillebotis au sol sont prêts.
Dans les années 60, les clients durent apporter leur serviette, puis à partir de 1971, la durée d’occupation des cabines passa à 20 minutes, pour 3 francs 20 centimes.
Le fils d’Auguste Pommer, Louis, puis son petit-fils Marcel lui succédèrent. On prit l’habitude de désigner l’établissement par « les Bains Pommer ». « Prenez vos bains chez Pommer » disait la publicité dans les quotidiens de la ville.
A partir des années 1960 et 1970, chaque foyer est peu à peu doté de sanitaires. La fréquentation des Bains Pommer chute et les coûts augmentent, si bien que l’établissement doit fermer en 1972… »
Magnifiquement préservé par l’arrière-petite-fille d’Auguste Pommer, qui en a fait don à la ville d’Avignon, ce lieu va devenir un « Musée de l’Hygiène du XIXème siècle » a compter du mois de juillet 2025.
Nous nous sentons bien privilégiés d’avoir pu bénéficier de cette visite, tellement insolite !
Nous nous séparons (ou pas !) pour aller au restaurant. La pluie est persistante alors autant passer du bon temps ensemble.
Nous avons quelques difficultés à trouver la porte du Carmel pour la visite suivante. On fait le tour d’un immense mur de clôture et on revient sur nos pas. On va sonner à une porte lorsqu’on nous siffle pour rejoindre une dame et un jeune homme ! La porte s’ouvre… et là, encore une fois, l’émotion prend le dessus : nous entrons dans un immense parc avec arbres, potager, fleurs. Encore une fois pour la journée, le temps s’arrête pour nous lorsqu’au 3 rue de l’Observance à Avignon nous passons la porte.
Ici, c’était au XVème siècle, une simple maison avec une chapelle et un jardin.
Des congrégations s’y sont succédées, transformant au fil du temps la maison en un grand couvent de près de 2000m2, niché dans un parc de 1,2 ha au coeur de la cité des Papes.
La dernière communauté en date, des Carmélites, occupaient les lieux depuis le début du XIXème siècle. Elles sont parties le 10 octobre 2022, laissant à la Foncière Oykos et l’association pour le “Tiers-Lieu du Carmel d’Avignon”, le soin d’en imaginer un nouvel usage.
Le nom a changé, maintenant c’est La Respélid’, nouveau lieu de vie imaginé sur le site de l’ancien Carmel d’Avignon. Un tiers-lieu inter-générationnel, social, culturel et spirituel. Un espace d’innovation sociale, ouvert sur la ville d’Avignon et ses enjeux.
3 familles occupent les bâtiments + une vingtaine de locataires qui occupent les anciennes cellules des sœurs carmélites. Tout le monde vit en communauté partageant quelques tâches quotidiennes basées sur le volontariat.
Mais quelle chance ils ont !
Coupés de la ville, du bruit, de l’espace temps, ils vivent dans un cocon.
Nous visitons le parc, pour notre grand bonheur la pluie s’est arrêtée, en apprenant l’histoire du lieu, nous visitons les bâtiments organisés pour la vie conventuelle des carmélites !
Nous voyons en extérieur et intérieur des salles de spectacles ! Trois troupes de théâtre y ont élues domiciles et le lieu est très mouvementé lors du Festival d’Avignon où les spectacles s’enchaînent…
Nous ressortons de cette visite complètement chamboulés par l’ambiance de ce couvent historique chargé de près de 4 siècles de vie spirituelle, de la trame architecturale entre ancien monastère et réaménagement moderne, du parc verdoyant et calme au cœur d’Avignon intra-muros et de la dimension sociale et culturelle de La Respélid’, qui réinvente l’usage du lieu tout en respectant son héritage.
Vraiment, que d’émotions et quelle belle journée passée avec La Culturothèque.


