Voir ici les photos de notre randonnée aux Taillades (84)
La randonnée débute aux Taillades et très vite nous plongeons dans un vallon paisible : la source de Boulon apparaît, discrète et généreuse.
L’eau claire s’écoule abondamment au milieu de la végétation, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Le départ est doux, presque trompeur. On respire, on sourit, on se dit que la journée s’annonce belle.
Mais déjà, le sentier se cabre. La montagne donne le ton !
La montée vers les rochers de la Baude est rude, directe, sans détour.
Le terrain est raide, parfois technique. Il faut poser les mains, tester les prises, descendre parfois sur les fesses. Un éperon rocheux résiste un instant ; on s’entraide, on rit, on souffle.
Et puis soudain, la récompense.
Les barres rocheuses s’ouvrent sur un panorama immense : les Alpilles, Cavaillon, la plaine de Carpentras, les monts du Vaucluse…et, au loin, le majestueux Mont Ventoux qui exhibe sa belle parure neigeuse.
Sous un soleil lumineux, dans une température idéale, la pente se fait oublier. Les conversations vont bon train. Ça souffle un peu, mais ça rit beaucoup.
Au col sous le Castellas, c’est la halte.
Nous nous calons dans les rochers tiédis par le soleil. La lumière est splendide, presque dorée. Le paysage est sauvage, minéral, vaste. On partage quelques douceurs. Le café de Chantal circule et fait l’unanimité.
Une pensée émue traverse le groupe pour nos absents, tout particulièrement Françoise et Charles. Ils auraient tant aimé ces reliefs, cette lumière, cette énergie simple et joyeuse.
Il faut repartir. La descente est raide.
Chacun adopte son rythme, prudent, concentré. Les jambes chauffent, les bâtons claquent sur la pierre.
Nous atteignons l’immense cèdre, cher à Christine. On l’embrasse pour elle, comme un rituel discret. L’arbre veille, solide et silencieux.
Puis viennent les Gorges de Badarel.
Le décor change brutalement.
Le goulet se resserre. Les parois se rapprochent. Le sentier devient jeu d’équilibriste : pierriers instables, rochers parfois glissants… et enfin une échelle à franchir.
C’est technique, spectaculaire, ludique.
On s’encourage, on s’attend, on s’émerveille.
Quel bonheur d’être là, au cœur de ce couloir minéral façonné par le temps.
Sur la piste du retour, une sensation étrange nous gagne : aurions-nous oublié comment marcher ? Les jambes hésitent sur le terrain lisse après tant de cailloux.
Avant de clore la journée, nous faisons un détour par le site des carrières des Taillades.
Un piton rocheux se dresse fièrement. Autour, de jolies maisons accrochées à la pierre, les restes d’un ancien château, et l’église Église Saint-Trophime des Taillades, tous veillent sur le village.
La pierre raconte ici une autre histoire : celle des hommes qui l’ont taillée, habitée, façonnée.
Une randonnée magnifique et complète, mêlant effort physique, passages techniques et paysages exceptionnels. Le parcours, exigeant mais passionnant, restera marqué par la beauté des rochers de la Baude et l’ambiance impressionnante des Gorges de Badarel, le tout dans une belle ambiance et un temps parfait.
Cotation : 7 km – 320 m de dénivelé.


