Voir ici quelques photos de notre balade dans la Montagnette
Voilà des gens heureux de se retrouver au-dessus du mas de Monge, impatients de fouler les sentiers de la Montagnette. Les retrouvailles ont ce parfum léger des matins prometteurs, quand la marche commence avant même que les pas ne s’accordent.
Le soleil se fera rare, discret derrière un voile pâle, mais l’air est doux et personne ne songe à s’en plaindre.
Nous gagnons la draille de Saint-Joseph. Cette ancienne voie pastorale, creusée par le passage des troupeaux au fil des siècles devait serpenter entre les murets et les terres silencieuses, mais maintenant elle est bordée de jolis mas qui se succèdent, solides et paisibles, gardiens d’une histoire paysanne que l’on devine derrière chaque portail clos.
Des amandiers en fleurs dressent leurs branches poudrées de blanc et de rose, comme des éclats de nuages tombés dans les champs. Quelques lumineuses jonquilles mettent des touches d’or dans l’herbe encore tendre : promesses éclatantes d’un printemps tout proche.
Nous poursuivons sur une piste de garrigue, bordée de chênes verts, laurier-tin et de romarin, où l’air semble déjà chargé d’arômes discrets. Une autre piste descend vers le Défends — ce nom qui évoque les anciennes terres protégées — mais nous bifurquons avant, préférant remonter en pente douce un vallon abrité.
Le chemin s’y fait plus intime, ourlé de buissons et de pierres blondes, et nous conduit tranquillement jusqu’à la piste de San Salvador.
Les conversations ne faibliront pas un instant. On parle de livres aimés, de pages annotées, de personnages qui nous accompagnent longtemps après la lecture. Les échanges sont passionnés, parfois malicieusement contradictoires, toujours bienveillants ; chacun glisse une recommandation, une découverte, un enthousiasme. Les pas s’accordent au rythme des mots.
Le long de la piste de San Salvador, de jolis parterres de narcisses se balancent doucement. Quelques buissons de laurier-tin, constellés de petites fleurs blanches, éclairent les collines…
Nous arrivons ainsi à la citerne du Pas de Bouquet, puis nous reprenons la piste de Monge qui, fidèle et tranquille, nous ramène vers les voitures.
Au fait, qui a vu un vulpian… ou une vulpiane ? Aucun habitant mystérieux n’a surgi des fourrés ! Nous avons simplement traversé le lieu-dit « Vulpiane », dont le nom chante comme une légende. Peut-être vient-il du latin vulpes, le renard — qui sait si quelque goupil ne nous observait pas, invisible et rusé, derrière les buissons ?
Le temps a passé très vite. Et c’est sans doute le plus beau signe d’une balade bien sympathique.
Cotation : 8,5 km – 175 m de dénivelé.


