Voir ici les photos de notre journée à Lauris et l’Abbaye de Sylvacane.
Départ matinal pour rejoindre le charmant village de Lauris. Le soleil est déjà bien présent et accompagne notre route dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Les retrouvailles dans les voitures donnent immédiatement le ton de la journée : échanges animés !
Arrivés un peu en avance on a le temps de découvrir le joli village de Lauris en empruntant son ancien chemin de ronde. Au fil de la promenade, souvenirs de randonnées passées dans la chaîne des Côtes qui s’étire face à nous, et les questions fusent aussi sur la Durance, son rôle dans la région, les aménagements d’EDF ou encore le canal de Marseille qui témoignent de l’importance de l’eau en Provence.
C’est ensuite Philippe ( un autre Philippe !) qui nous entraîne avec passion dans la visite guidée du Jardin Conservatoire des Plantes Tinctoriales, admirablement installé sur les terrasses du château de Lauris du XVIIIᵉ siècle dominant cette belle vallée de la Durance. Plus de 250 espèces de plantes y sont cultivées et présentées autour de thèmes particulièrement actuels : écologie, cosmétique naturelle, colorants alimentaires, énergie ou encore dépollution. Au fil des allées, nous retrouvons avec plaisir plusieurs plantes évoquées par Michèle lors de sa conférence. Les explications sur les procédés de teinture réveillent également quelques souvenirs : les mots « mordancer », «fermentation » ou encore « bain de teinture » reprennent tout leur sens grâce aux explications très vivantes de notre guide, passionné et intarissable sur les propriétés des plantes et leurs usages à travers les siècles. Le petit atelier de démonstration a particulièrement retenu notre attention. Quelques feuilles, un peu d’eau ferrugineuse et la magie opère sous nos yeux. Cette approche artisanale et écologique nous a séduits : quoi de plus agréable, finalement, que d’imaginer des tissus ou même des sirops colorés naturellement par des plantes plutôt qu’avec des dérivés du pétrole dont les effets néfastes sont aujourd’hui bien connus ? Plusieurs d’entre nous sont repartis avec l’envie d’expérimenter eux-mêmes ces techniques anciennes remises au goût du jour.
L’heure du déjeuner permet ensuite un moment de détente apprécié de tous. La plupart d’entre nous s’installent à l’ombre dans le parc pour partager un pique-nique convivial, tandis que les discussions se poursuivent autour d’un café dans une atmosphère toujours aussi amicale.
L’après-midi est consacrée à la visite de Abbaye de Silvacane, à La Roque-d’Anthéron.
Notre guide commence par retracer l’histoire de cette abbaye cistercienne fondée au XIIᵉ siècle dans un lieu alors marécageux (d’où son nom de « Silva Cana », la forêt de roseaux). L’abbaye a connu un important rayonnement avant de traverser les siècles avec des périodes de prospérité mais aussi de déclin, notamment à partir du XVe siècle et surtout après la Révolution.
Nous découvrons une architecture d’une grande sobriété, fidèle à l’idéal des moines cisterciens qui recherchaient simplicité, dépouillement et spiritualité. Abbaye Notre-Dame de Sénanque, Abbaye du Thoronet et Silvacane forment d’ailleurs les célèbres « trois sœurs provençales », que nous avons désormais toutes eu le plaisir de visiter. L’abbatiale, construite selon un plan traditionnel en croix latine, impressionne par l’élégance de ses lignes pures. Les voûtes en berceau brisé créent une acoustique remarquable qui surprend immédiatement le visiteur. Nous sommes également étonnés d’y découvrir le tombeau de Bertrand des Baux et de son épouse Tiburge, témoignage de l’importance historique du lieu. Les décors sculptés, plus tardifs, contrastent avec l’austérité originelle de l’édifice. La visite se poursuit dans l’immense dortoir des moines où de nombreuses questions sont posées sur leur vie quotidienne, leurs règles et leur organisation. Chacun apprécie ensuite la sérénité du cloître avec ses quatre galeries voûtées en berceau. Tout autour se répartissent les différents espaces essentiels à la vie monastique : la salle capitulaire, ou salle du chapitre, où se réunissait la communauté, le chauffoir réservé notamment aux moines copistes, ainsi que le réfectoire dans lequel nous remarquons la chaire du lecteur et, en vis-à-vis, le lavabo destiné aux ablutions avant les repas.
Après la visite guidée, plusieurs d’entre nous prolongent encore un peu la découverte en faisant le tour extérieur de l’abbaye afin d’en admirer l’architecture sous différents angles et de profiter du calme des lieux.
Une journée comme nous les aimons : chaleureuse, amicale et riche d’enseignements, mêlant patrimoine, nature, histoire et plaisir d’être ensemble.


