Voir ici les photos de notre randonnée à Vers-Pont-du-Gard.
C’est depuis le charmant village de Vers-Pont-du-Gard que débute notre randonnée. Niché entre garrigue et vestiges antiques, ce bourg pittoresque séduit immédiatement par ses ruelles étroites, ses maisons de pierre blonde baignées de lumière et son atmosphère paisible.
La journée est tout simplement parfaite : un soleil radieux illumine le paysage, la température est idéale, ni trop chaude ni trop fraîche. Cela faisait longtemps que nous attendions une journée aussi lumineuse. Comme un clin d’œil du calendrier, c’est en plus le premier jour du printemps !
Dès les premiers mètres, nous marquons un arrêt devant le superbe lavoir circulaire du village. Sa forme originale et son élégance simple attirent le regard. Puis nous empruntons un chemin discret, presque secret, qui longe un vaste parc. Là, les exclamations fusent : « Oh… », « Ah… que c’est beau ! ». La nature s’éveille, les couleurs sont tendres, les senteurs légères, et le calme enveloppe le groupe. Le sentier, bordé de pierre et de grands arbres, invite à la contemplation et à la sérénité.
Nous poursuivons en direction des Bégudes : d’abord la Bégude de Foulon, puis celle de Saint-Pierre. Le mot « bégude » mérite une explication : issu de l’occitan beguda, il désigne un lieu où l’on buvait, une halte sur les anciens chemins, souvent associée à une auberge ou un point d’eau pour les voyageurs et les animaux. Ces lieux étaient essentiels dans les déplacements d’autrefois, véritables refuges de convivialité et de repos.
Nous dépassons ensuite la chapelle Saint-Pierre, aujourd’hui totalement en ruine. Ses pierres usées témoignent du passage du temps et invitent à imaginer la vie qui animait autrefois ces lieux.
Nous bifurquons alors pour nous enfoncer dans la garrigue. Le paysage devient plus sauvage : chênes verts aux feuilles coriaces, arbousiers aux troncs rougeoyants, sentiers étroits qui serpentent entre les buissons. L’air embaume les essences méditerranéennes, et chaque détour réserve une nouvelle surprise.
Après un moment, nous atteignons un chemin goudronné que nous quittons rapidement sur la gauche pour traverser l’espace « Garrigue en Mémoire » du site du Pont du Gard. Ce parcours pédagogique nous mène jusqu’à un promontoire remarquable. De là, le regard embrasse un panorama circulaire : les villages environnants s’étalent dans la lumière, et au loin, majestueux, se dessine le Pont du Gard.
Un peu plus loin apparaissent les ruines de l’aqueduc du Pont Roupt. Ces vestiges, discrets mais fascinants, rappellent l’ingéniosité des Romains. L’aqueduc, qui alimentait Nîmes en eau, suivait un tracé précis, exploitant les pentes naturelles avec une maîtrise impressionnante. Les blocs de pierre, assemblés avec rigueur, témoignent d’un savoir-faire exceptionnel.
En poursuivant le long de l’aqueduc, les ruines deviennent encore plus spectaculaires. On admire les techniques de construction romaines : l’usage de la pierre taillée, les joints parfaitement ajustés, et parfois les traces d’enduits hydrauliques qui assuraient l’étanchéité. La précision de l’ouvrage, malgré les siècles, force le respect.
Après avoir traversé la route, nous entrons dans le quartier de la Lône. Là encore, les vestiges de l’aqueduc sont bien présents, massifs et imposants, mais la végétation reprend ses droits. Les pierres se fondent dans le paysage, enlacées par les racines et les herbes.
Nous remarquons également des concrétions calcaires, traces des anciennes fuites d’eau. Au fil du temps, l’eau chargée en minéraux s’échappait de l’aqueduc, déposant des couches de calcaire qui se sont solidifiées en formant des reliefs caractéristiques. Ces formations racontent à leur manière l’histoire silencieuse de l’ouvrage.
Le sentier se faufile ensuite entre laurier-tin et coronille en fleurs. Les teintes blanches et jaunes illuminent les buissons, tandis que de délicats parfums flottent dans l’air. C’est un véritable éveil des sens, où couleurs et senteurs se mêlent harmonieusement.
Enfin, nous atteignons le joli lavoir de Missérand. Niché dans un écrin de verdure, il offre une atmosphère paisible et rafraîchissante. L’eau y murmure doucement, invitant à une dernière pause contemplative.
Il nous faut ensuite suivre la route sur environ 200 mètres pour rejoindre les rues du village de Vers-Pont-du-Gard et retrouver nos voitures, le cœur rempli de belles images et l’esprit apaisé par cette magnifique journée de printemps.
Cotation : 7 km – 110 m de dénivelé.


