Montpellier : visites guidées du Jardin de la Reine, du Jardin des plantes et de l’exposition « Guimet+Chine »

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Mais oui, mais oui… Encore une belle journée !

Depuis lundi, le temps s’est bien rafraîchi, mais aujourd’hui, le soleil est toujours de la partie, avec cette belle lumière d’automne qui met si joliment en valeur les vieilles pierres et les jardins.
La route se passe bien pour chacun… Quelques retardataires à l’arrivée, mais tout rentre rapidement dans l’ordre ! Nous voilà prêts pour une nouvelle journée de découvertes.
C’est Marie-Hélène qui nous accueille pour notre première visite, celle du Jardin de la Reine, un lieu plein de charme, bien caché derrière ses murs, à deux pas du célèbre Jardin des Plantes.
Mais qui était donc cette reine ?
Il faut remonter au XIIIe siècle pour retrouver Marie de Montpellier, devenue reine d’Aragon par son mariage avec Pierre II d’Aragon. Elle possédait un jardin privé en contrebas de son palais, situé à l’emplacement de l’actuel palais de justice. C’est à cette souveraine que le jardin doit son nom.
Quelques siècles plus tard, en 1619, Pierre Richer de Belleval, fondateur du Jardin des Plantes, acquiert ce terrain pour agrandir son jardin royal et poursuivre ses expérimentations botaniques.
Le lieu devient alors un espace consacré à l’étude et à l’acclimatation des végétaux. Richer de Belleval y aménage notamment des reliefs artificiels permettant de cultiver des plantes dans des conditions variées.
Au fil des siècles, le jardin change de fonction. Il devient notamment le jardin privé du recteur de l’Académie au XIXe siècle, avant de connaître une longue période d’oubli.
Heureusement, des passionnés se sont mobilisés pour le sauver et lui redonner vie !
Aujourd’hui, nous découvrons un jardin un peu mystérieux, avec ses terrasses, ses vieux murs, ses bassins et ses allées ombragées. Un lieu où la nature semble avoir repris ses droits et où chaque pierre raconte un morceau d’histoire.
Un véritable petit havre de paix au cœur de Montpellier !
Nous poursuivons notre promenade dans le Jardin des Plantes, fondé en 1593 par Pierre Richer de Belleval, à la demande du roi Henri IV.
Et ce n’est pas n’importe quel jardin : c’est le plus ancien jardin botanique de France encore en activité !
À l’origine, il est destiné à l’enseignement des plantes médicinales aux étudiants de la prestigieuse faculté de médecine de Montpellier.
À cette époque, les médecins utilisent essentiellement les végétaux pour soigner leurs malades. Il est donc indispensable de savoir reconnaître les plantes, de connaître leurs propriétés… et surtout de ne pas les confondre !
Pierre Richer de Belleval ne se contente pas de rassembler des plantes. Il imagine un véritable jardin scientifique, organisé pour reproduire différents milieux naturels : terrains secs, zones humides, espaces ombragés ou ensoleillés.
Une idée particulièrement novatrice pour l’époque !
Au fil de notre promenade, Marie-Hélène nous fait découvrir ce patrimoine végétal exceptionnel : des arbres majestueux, des plantes méditerranéennes, des espèces venues de pays lointains, mais aussi des aménagements qui témoignent de l’histoire du jardin.
Et puis, il y a ce fameux arbre aux souhaits, un vieux filaire dont les anfractuosités accueillent depuis longtemps les petits papiers des visiteurs venus lui confier leurs vœux.
Qui sait ? Peut-être certains d’entre nous ont-ils été tentés…
Nous découvrons ainsi que ce jardin n’est pas seulement un lieu de promenade. C’est aussi un témoin de l’évolution des connaissances scientifiques, de la médecine et de la botanique depuis plus de quatre siècles.
Décidément, il y a beaucoup à raconter dans ces jardins ! Il nous faudrait y revenir plusieurs fois pour le connaître un peu !
Marie-Hélène, passionnée et passionnante, nous libère finalement assez tard… Il faut dire que nous n’avons pas vu le temps passer !
Mais pas question de sauter le déjeuner !
Nous avons tout de même le temps de nous installer à une terrasse, au cœur de l’animation de la place de la Comédie.
Quel plaisir de profiter de cette ambiance montpelliéraine ! Les passants se croisent, les conversations s’animent, les terrasses vivent au rythme de la ville…
Un petit moment de détente bien agréable avant de repartir pour de nouvelles découvertes.
En début d’après-midi, changement complet de décor !
Nous voici à l’Hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, un magnifique hôtel particulier du XIXe siècle, qui abrite le département des arts décoratifs du musée Fabre.
Cette demeure, construite en 1874, a conservé de superbes décors et aménagements intérieurs témoignant de l’art de vivre de la bourgeoisie montpelliéraine.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas la vie bourgeoise du XIXe siècle que nous sommes venus découvrir…
Direction la Chine !
Équipés de nos écouteurs, nous partons pour un voyage à travers plusieurs millénaires de civilisation chinoise, grâce à l’exposition « Guimet+ Chine ».
Cette exposition est le fruit d’un partenariat entre le musée Fabre et le célèbre musée Guimet de Paris, qui possède l’une des plus importantes collections d’arts asiatiques au monde.
Une trentaine de chefs-d’œuvre ont fait le voyage jusqu’à Montpellier pour nous faire découvrir les richesses artistiques et culturelles de la Chine.
La visite s’organise autour de quatre grands thèmes : le prestige, le sacré, la beauté et la transgression.
Nous découvrons combien l’art chinois est intimement lié à l’histoire, aux croyances, aux traditions et à la manière de concevoir le monde.
Les objets ne sont pas seulement beaux : ils ont aussi une signification.
Le prestige des empereurs se manifeste à travers des objets raffinés, des porcelaines et des décors somptueux. Le dragon et le phénix, par exemple, symbolisent la puissance impériale, l’harmonie et les forces bénéfiques.
Le domaine du sacré nous entraîne dans un univers de croyances où les relations entre les hommes, la nature et le monde invisible occupent une place essentielle.
La beauté se révèle dans la délicatesse des formes, la maîtrise des matériaux et l’extraordinaire savoir-faire des artisans.
Quant à la transgression, elle nous montre que l’art chinois sait aussi s’affranchir des conventions, surprendre et bousculer les habitudes.
Parmi les œuvres présentées, un grand vase impérial du XVIIIe siècle, décoré de dragons et de phénix, illustre parfaitement la richesse de cette symbolique. Une étonnante sculpture représentant un ermitage dans les montagnes évoque, quant à elle, cette relation si particulière que la pensée chinoise entretient avec la nature.
L’exposition fait également appel à nos sens, avec des dispositifs sonores et même olfactifs qui permettent d’évoquer les parfums et les encens de la Chine impériale.
Une façon originale de découvrir une civilisation dont les codes sont parfois bien différents des nôtres.
Car c’est peut-être là l’une des grandes leçons de cette visite : apprendre à regarder autrement, à comprendre que chaque civilisation possède ses propres symboles, ses propres valeurs et sa propre manière de représenter le monde.
Et nous voilà transportés bien loin de Montpellier !
Mais il faut bien revenir à la réalité et reprendre la route vers Beaucaire.
Et comme souvent après nos sorties, le voyage du retour est loin d’être silencieux !
Les discussions vont bon train. Chacun revient sur une découverte, une explication, une œuvre qui l’a surpris… Les impressions se croisent et les conversations se prolongent.
Il faut dire que nos sorties sont tellement inattendues !
Ce matin, nous étions dans les jardins historiques de Montpellier, sur les traces d’une reine du Moyen Âge et des premiers botanistes… Et quelques heures plus tard, nous voilà plongés dans les traditions et les mystères de la Chine impériale !
Quel voyage en une seule journée !
Et puis, au-delà de toutes ces découvertes, il y a ce qui fait aussi le bonheur de nos sorties : les petites complicités, les conversations, les sourires, les plaisanteries et ce plaisir tout simple de partager de bons moments ensemble.
Encore une journée bien remplie, riche en découvertes et en bonne humeur… Et, bien sûr, on en redemande !