Voir ici les photos de notre randonnée aux Baux de Provence
Ici les photos de Jackie.
Le départ est donné au col de la route des Carrières, dans cette atmosphère si particulière du massif des Alpilles, où la pierre blanche capte la lumière dès les premières minutes de marche. Surtout… qu’aujourd’hui on a enfin le soleil ! Pas trop tôt après ces longs jours de pluie et grisaille ! Nous restons toutefois bien couverts car il y a du vent.
Très vite, nous empruntons un chemin discret qui nous mène au-dessus des carrières de Sarragan. Ces anciennes carrières de calcaire, creusées par l’homme depuis des siècles, témoignent du travail titanesque des carriers. La roche extraite ici a servi à bâtir villages et monuments de toute la région. Depuis notre sentier en balcon, nous dominons ces entailles géométriques dans la montagne, aujourd’hui rendues au silence et à la végétation.
Le chemin serpente ensuite entre les rochers polis par le temps. La nature nous rappelle qu’elle est bien vivante : quelques chenilles processionnaires traversent notre route en file indienne, spectacle fascinant autant que prudence oblige.
Nous poursuivons jusqu’à une ruine idéalement placée. Là, le souffle se suspend. Devant nous, le village des Baux-de-Provence se révèle dans toute sa splendeur, accroché à son éperon rocheux, dominant fièrement la plaine. Un moment de contemplation pure, que chacun savoure en silence.
Nous repérons ensuite la mystérieuse Grotte aux Fées, cavité discrète nichée dans la roche, dont le nom invite immédiatement à l’imaginaire et aux légendes locales.
Nous prenons ensuite la direction de la table d’orientation et rejoignons la route des crêtes des Baux. Le regard porte loin, très loin, sur la plaine provençale.
Nous arrivons à une citerne bien connue des randonneurs de La Culturothèque. Pendant de nombreuses années, une tradition amusante voulait que les hommes, en passant devant cette citerne, exécutent un French Cancan improvisé ! Aujourd’hui, la tradition n’est plus obligatoire… mais les sourires restent présents au souvenir de ces moments joyeux.
Nous empruntons alors une autre piste qui surplombe l’ensemble des crêtes. La vue embrasse la Tour de Guet et la tour de Saint-Clerg, sentinelles témoins d’une surveillance estivale nécessaire contre les incendies. L’émerveillement est total. Les randonneurs avancent lentement, comme pour ne rien perdre du spectacle.
Nous atteignons enfin l’Oppidum des Biengasses. Ce site antique, occupé bien avant notre époque, était un lieu de vie stratégique pour les populations celto-ligures. Installé en hauteur, il permettait de surveiller les environs et d’assurer la sécurité du groupe. Les vestiges encore visibles — murs de pierre, bases d’habitations et tombes — racontent une vie rude mais profondément liée à ce territoire. La visite de cet oppidum est un véritable voyage dans le temps. On imagine les habitants observant l’horizon, vivant au rythme des saisons, dans ce décor minéral inchangé depuis des siècles.
La descente nous mène ensuite au-dessus de la célèbre Carrière des Lumières. Ces anciennes carrières sont aujourd’hui un lieu culturel, mais leur présence brute suffit à évoquer l’histoire industrielle du site.
Nous remontons tranquillement, avant d’emprunter sur la droite un sentier très étroit, presque secret. La récompense est immédiate : une vue splendide sur le Château des Baux-de-Provence.
A une dizaine de mètres, une plate-forme naturelle à flanc de falaise nous offre un autre point de vue vertigineux sur la plaine Sainte-Berthe, le Golf de Manville, les Crêtes des Alpilles, Fos-sur-Mer, et au loin, la mer scintillante.. Le vent, la lumière, l’espace… tout concourt à rendre ce moment inoubliable.
Le retour se fait en douceur. Il est pourtant l’heure où les estomacs devraient commencer à crier famine… mais personne ne semble pressé. Les pas ralentissent volontairement. Les conversations se prolongent. Les sourires s’échangent. Il y a dans l’air ce plaisir simple et précieux d’être ensemble, de partager l’effort, la beauté, et ces instants hors du temps. Une question s’impose naturellement : serait-ce le plus beau parcours des Alpilles ? Qui sait ?
Cotation : 8.5 km – 220 m de dénivelé


