Voir ici les photos de notre randonnée à Marguerittes.
Changement de programme ce matin : au lieu de prendre la route vers l’Abbaye d’Aiguebelle, où le temps s’annonçait incertain, nous avons choisi de nous rendre à Marguerittes.
Le départ s’effectue depuis le parking de la Combe des Bourguignons. Nous empruntons la piste du Mas d’Achot en direction des Marins. Au niveau du panneau de randonnée « Le Télégraphe », nous croisons un joli troupeau de moutons, serrés les uns contre les autres, sans doute pour se tenir chaud ?
Finalement, les conditions sont idéales pour marcher : le vent tombe, et malgré le changement d’heure, il ne fait pas froid.
Mais au fait… où est donc ce fameux Télégraphe ?
Nous nous engageons sur un agréable sentier, sous couvert de chênes verts, qui nous y mène. Sur place, Guy nous explique le fonctionnement des télégraphes Chappe : un système ingénieux de communication visuelle utilisant des bras articulés positionnés en hauteur, permettant de transmettre rapidement des messages sur de longues distances, bien avant l’invention du télégraphe électrique. La visite est à la fois instructive et joyeuse, les commentaires fusent et la bonne humeur est bien présente !
Nous poursuivons par un magnifique sentier de garrigue qui nous ramène vers la Combe des Bourguignons. En chemin, la nature est généreuse : iris, narcisses, jonquilles, asphodèles, valérianes s’offrent à nous « en veux-tu, en voilà », le tout porté par le parfum délicat des lauriers-tin et des coronilles.
Une halte au mazet des Rachalans nous permet de découvrir une jolie histoire locale : les « Rachalans » étaient autrefois des habitants modestes de la région, souvent bergers ou petits cultivateurs, vivant en harmonie avec leur environnement et tirant parti des ressources de la garrigue.
Nous traversons ensuite l’olivette du conservatoire des oliviers, où seules les variétés du Gard sont représentées, véritable patrimoine végétal de la région.
Puis, émerveillement au village de capitelles de la Combe des Bourguignons : ces constructions en pierre sèche, autrefois utilisées comme abris par les bergers ou les agriculteurs, témoignent du savoir-faire ancestral remarquable.
Nous poursuivons jusqu’à une table d’orientation qui nous éclaire sur l’histoire des lieux : formation des paysages, activités humaines passées, et évolution du territoire au fil des siècles.
La randonnée continue sur de beaux sentiers alternant garrigue et pinèdes, jusqu’à ce que notre guide nous propose un petit détour «à travers les bartas». Un passage bref… mais qui cache une belle surprise !
Nous découvrons en effet l’intérieur d’un aqueduc : le fameux aqueduc du Pouzin* (Voir ci-dessous l’histoire de cet aqueduc).
Après cette découverte, place à la pause déjeuner… non sans débat : serions-nous installés sur une ancienne décharge ? Le doute plane, et nous ne nous attardons pas trop !
La suite du parcours est un peu moins agréable, car nous devons traverser la zone industrielle de la Ponche. Les récents aménagements ont malheureusement fait disparaître le joli chemin de l’aqueduc. Heureusement, nous retrouvons notre itinéraire un peu plus loin… ainsi que l’aqueduc du marquis de Preigne. Et là, surprise : certaines portions ont été transformées en habitations ! Une curiosité qui ne laisse personne indifférent.
Nous quittons ces lieux insolites pour remonter vers le hameau de la Garne, en passant devant le « Domaine de Charles », où, bien sûr, un terrain de boules ne pouvait manquer !
A souligner qu’une pensée accompagne toujours, tout au long de nos journées nos amis absents : Charles, Françoise, Patricia, José, ainsi que le mari de Jackie qui aimeraient tous être avec nous mais empêchés par leur maladie.
Oui, nous pensons bien à eux et espérons les retrouver très bientôt.
À la sortie du hameau, nous empruntons une piste qui nous ramène tranquillement à la Combe des Bourguignons par les sentiers des… ânes !
On nous avait annoncé une balade placée sous le signe de la curiosité : promesse tenue ! Entre découvertes insolites, paysages variés, météo idéale et bonne humeur générale, tous les ingrédients étaient réunis pour une très belle journée.
Cotation : 12 km- 233 m de dénivelé.
Lire ici les infos concernant cet aqueduc :
Nous savons que l’utilisation de l’aqueduc romain (qui traverse le Gardon par le «Pont du Gard») n’a probablement pas dépassé quatre siècles. Ensuite, les Nîmois, regroupés autour des arènes, ont du retourner à leurs sources, à leurs puits et à leurs citernes pour avoir de l’eau.
Mais avec l’industrialisation au XVIIIe siècle, Nîmes, devenue une des capitales du textile, se remet à prospérer il faut chercher un complément aux sources d’eau habituelles.
Une série de projets ambitieux ou farfelus traverse certains esprits entreprenants durant plus d’un siècle :
. Certains veulent remettre en état l’aqueduc romain,
. d’autres se proposent carrément de détourner le cours de l’Alzon au » Pont des Charettes », puis de passer le Gardon sur un pont aqueduc au niveau de Collias pour, enfin, se diriger droit sur Nîmes.
. Certains encore pensent ramener à Nîmes l’eau du Gardon, pompée à Poulx grâce à une série de moulins dont quelques-uns d’entre eux sont visibles à côté de St Gervasy.
Mais, c’est en cherchant le tracé de l’ancien aqueduc pour le réutiliser que l’ingénieur Dombre met à jour le Castellum en 1844.
Comme solution :
. le seul projet qui a été en partie réalisé est celui du canal de Pouzin. En 1852, le marquis de Preigne propose l’étude d’un canal de dérivation du Rhône au Pouzin, dans l’Ardèche et d’amener les eaux jusqu’à Nîmes, pour un coût de 24 millions. Le 26 mai 1863, une fête grandiose est organisée au Pont du Gard pour commémorer la pose de la première pierre du canal. C’est d’ailleurs là qu’ont eu lieu les premiers travaux avec le percement, par une équipe de vingt employés, du tunnel que l’on voit à la sortie du Pont du Gard, au troisième étage. Bien que plusieurs kilomètres de constructions aient été édifiés, le projet a été abandonné en 1868
. au profit de celui présenté par Aristide Dumont qui, délaissant totalement l’aqueduc romain, prévoyait de pomper les eaux du Rhône dans la nappe de Comps, près de Beaucaire et de les amener à Nîmes par des tuyaux métalliques. Ce qui a été fait en 1872.
Du canal de Pouzin, il reste le tunnel en face de l’aqueduc au Pont du Gard ainsi que plusieurs tronçons visibles entre Nîmes et Marguerittes où il suit une voie parallèle à celle de l’aqueduc romain. Ce sont ces tronçons qui nous ont intrigués aujourd’hui !
Comme on l’a vu, il s’agit d’un tunnel en pierre, avec une voûte en lauzes de trois mètres de largeur intérieure sur 2,50 m de haut environ (nous y sommes entrés debout !). Il suit presque sur quelques centaines de mètres, l’antique l’aqueduc, à l’entrée de Nîmes, qui passe au nord de l’aérodrome de Courbessac avant de bifurquer vers le Devès et la Baracine.
On a retrouvé après la zone de la Ponche ce fameux canal du Pouzin, à l’ouest de Marguerittes, et nous avons bien remarqué un tronçon qui a été aménagé en habitation avec portes, fenêtres, cuisine, etc..
Voici donc le mystère de cet aqueduc levé ! Ah… mais !


