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Malgré une humidité bien présente en ce début de matinée, c’est dans la bonne humeur que nous nous retrouvons sur le parking du cimetière de Maillane.
Notre découverte débute dans l’ancien cimetière, devant le tombeau de Frédéric Mistral, que le poète a fait édifier en 1907, bien avant sa disparition en 1914. Inspiré du Pavillon de la Reine Jeanne aux Baux-de-Provence, ce monument remarquable témoigne de l’attachement profond de Mistral à la Provence.
Sur la cloche qui a annonçé sa mort est gravé le poème « Moun toumbéu », écrit en 1907 et placé quelques jours avant son décès. On raconte que c’est en allant admirer le travail du sculpteur que Mistral a pris froid, ce qui a précipité sa fin.
Le tombeau, de style Renaissance, se présente sous la forme d’un édifice hexagonal coiffé d’un dôme à pans. Ses six colonnes cannelées, surmontées de chapiteaux composites, soutiennent un entablement richement décoré. La clé de voûte de l’entrée principale porte l’étoile à sept branches du Félibrige, tandis que d’autres baies sont ornées de figures emblématiques : Mireille, une Arlésienne, ainsi que les chiens du poète, Pan Panet et Pan Perdu.
À l’intérieur, un petit autel porte l’inscription latine :
« Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo, et Provinciae nostrae da gloriam » (« Non pas à nous, Seigneur, mais à ton nom et à notre Provence, donne la gloire »), accompagnée de la devise de Mistral : « Lou souleu me fai canta ».
Nous rejoignons ensuite le cœur du village pour découvrir la dernière maison du poète, aujourd’hui transformée en musée. Juste derrière se trouve la Maison du Lézard, demeure du XVIIᵉ siècle où Frédéric Mistral a vécu avec sa mère de 1855 à 1876. Un cadran solaire, posé à sa demande en 1903, y porte ces mots pleins de sagesse :
« Gai lezert, bèu toun soulèu, l’ouro passo que trop lèu e deman ploura belèu. »
La maison abrite aujourd’hui l’Office de tourisme de Maillane.
La balade se poursuit sur la place des Cafés, lieu de prédilection de Mistral, qui aimait y jouer aux cartes, notamment au Café du Soleil, le plus ancien établissement du village. Ses amis disaient qu’il y était plus habile à manier les mots que les cartes. Non loin de là, le Café du Progrès est également célèbre pour avoir inspiré au chef Auguste Escoffier la recette des aubergines au gratin.
Nous faisons ensuite halte à l’église Sainte-Agathe pour admirer la statue de Notre-Dame de Grâce, Vierge couronnée du XIIIᵉ siècle, à laquelle les Maillanais attribuent le salut du village lors de l’épidémie de choléra de 1854. Cette dévotion reste très présente, comme en témoignent les nombreuses niches visibles sur les façades des maisons du village. Un oratoire, érigé en 1954, rappelle cet épisode marquant de l’histoire locale.
À l’été 1854, le choléra ravage en effet Maillane : la population fuit, et sur 1 500 habitants, seuls 110 restent sur place. Le 28 août, une procession est organisée avec la statue de la Vierge, vêtue de violet. Sur la place du village, le miracle se produit : Marthe Gauthier, donnée pour mourante par le médecin, ouvre les yeux au son des cloches et guérit. Depuis, les Maillanais honorent Notre-Dame de Grâce chaque année les 28 et 29 août.
Avant de quitter le village, un détour nous permet de découvrir une noria, chargée de capter l’eau et de la redistribuer aux cultures par un réseau de roubines. Nous nous engageons ensuite sur les chemins de campagne.
La randonnée, sans difficulté particulière, emprunte des sentiers bordés de cultures en repos hivernal. Elle offre néanmoins de beaux points de vue sur les Alpilles, le mont Ventoux dissimulé dans les nuages, puis sur la Montagnette.
Au retour, chacun se dit ravi de cette journée où patrimoine, histoire et marche tranquille se sont harmonieusement mêlés. Et surtout, ces chemins ont permis de bien bavarder… car c’est aussi cela, l’esprit de la randonnée.
Cotation – 8.5 km – 20 m de dénivelé.


