SEJOUR RANDO « COEURS DE PIERRE »

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Voir ici le compte rendu de notre séjour de mars 2018
Voir ici le compte rendu de notre visite du Prieuré de St Michel de Grandmont du 30 janvier 2020

1er jour – Le Cirque de Mourèze et la montagne de Liausson : des pierres, des efforts… et des merveilles !
Comme toujours, tous les participants sont à l’heure, enthousiastes et déjà en tenue… « sourires » ! Le voyage se déroule confortablement, dans la bonne humeur, et nous arrivons à Mourèze comme prévu. Nous y retrouvons Jean et Anne-Marie, qui ont fait le chemin dans l’autre sens. Cette fois, tout le monde est là, l’aventure peut commencer
Dès nos premiers pas dans le Cirque de Mourèze, nous comprenons que cette randonnée ne sera pas tout à fait une promenade de santé ! Il faut déjà fournir quelques efforts pour se hisser sur les rochers et atteindre un premier point d’observation. Et là… quelle découverte
Devant nous se dévoile un paysage extraordinaire, presque irréel. Le Cirque de Mourèze, c’est un véritable labyrinthe de roches calcaires sculptées par l’érosion au fil des millénaires. Des centaines de colonnes, de tours, de silhouettes étranges se dressent dans tous les sens, comme une immense cité de pierre abandonnée. Un décor fantastique dans lequel notre imagination pourrait facilement faire surgir quelques personnages de légende
Mais pour le moment, nous sommes loin d’imaginer ce qui nous attend !
Car les sentiers, eux, n’ont rien d’un tapis rouge ! Ça monte, ça descend, ça tourne, ça grimpe… Il faut enjamber de gros blocs, se faufiler entre les rochers, chercher où poser les pieds, parfois même s’aider de chaînes pour franchir les passages les plus délicats. Les bâtons deviennent encombrants, les jambes doivent se faire souples et les mains sont parfois bien utiles ! Bref, nous voilà transformés en véritables petits chamois… enfin, des chamois qui ont parfois besoin de reprendre leur souffle !
Et pourtant, quel plaisir de découvrir ce site exceptionnel, même si nous commençons à comprendre que les pierres seront les grandes vedettes de notre séjour
Enfin, la pause déjeuner ! Quel bonheur de pouvoir s’asseoir, poser les sacs et reposer les jambes ! Curieusement, tous ces efforts nous ont presque coupé l’appétit… C’est bien la première fois qu’une randonnée nous fait cet effet ! Mais nous profitons pleinement de ce moment de repos et de convivialité.
Et puis, il faut repartir
Et là… les choses sérieuses commencent !
Devant nous se dresse la montée vers la crête de la montagne de Liausson. Un sentier rocheux, raide, exigeant, qui semble vouloir nous rappeler que nous ne sommes plus tout à fait des perdreaux de l’année !
On souffle, on pousse sur les bâtons, on cherche son rythme, on s’arrête quelques instants… puis on repart. Les jambes commencent à protester, les mollets se font entendre et les conversations deviennent nettement plus rares ! Chacun avance à son rythme, avec courage et détermination.
Mais lorsque nous atteignons enfin la crête… quelle récompense  !
Devant nous s’étend le lac du Salagou, immense, magnifique, presque irréel ! Le bleu de ses eaux contraste merveilleusement avec le rouge des terres environnantes, ces fameuses « ruffes » qui donnent au paysage ses couleurs si particulières.
C’est fantastique, fabuleux, inimaginable ! Nous en prenons plein les yeux. Nous oublions presque instantanément les efforts de la montée. Les appareils photos entrent en action, les exclamations fusent… et nous prenons le temps d’admirer ce panorama exceptionnel.
Pour des moments comme celui-là, on est prêt à grimper des montagnes ! Enfin… presque !
Car il faut maintenant penser au retour.
La marche sur la crête se déroule d’abord à un bon rythme. Nous retrouvons nos jambes, notre souffle et même quelques conversations. On pourrait presque croire que le plus difficile est derrière nous…
Eh bien non !
Voilà que commence une descente interminable ! Des rochers, des cailloux, des marches naturelles, des passages irréguliers… encore des pierres, toujours des pierres ! Il faut surveiller chaque pas, ménager les genoux et rester bien concentrés. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir.
Il faut bien le reconnaître, ce parcours est particulièrement exigeant pour nos jambes qui ont déjà quelques années de bons et loyaux services ! Mais personne ne baisse les bras. Nous avançons, parfois lentement, toujours avec cette solidarité et cette bonne humeur qui caractérisent notre groupe.
Et le chemin du retour nous paraît long… très long… interminable !
À chaque détour, on espère apercevoir Mourèze. Mais non, encore un sentier, encore quelques rochers, encore un virage !
Et puis, enfin… Mourèze !
Cette fois, nous y sommes !
Nous arrivons fourbus, les jambes lourdes, les pieds fatigués… mais avec une immense satisfaction.
Nous l’avons fait  !!!
Et ce n’est pas rien ! Cette première journée nous aura demandé beaucoup d’efforts, mais elle nous aura aussi offert des paysages extraordinaires et de merveilleux souvenirs.
Une boisson bien fraîche au café du village est accueillie comme une véritable récompense. Nous savourons ce moment de repos avant de reprendre la route vers notre hébergement.
Nous arrivons à la nuit tombée. Heureusement, Christiane, qui n’avait pas pu partir avec nous le matin, est déjà sur place ! Elle a pris les choses en main et veille à toute l’intendance. Quel bonheur de trouver quelqu’un qui s’occupe de tout alors que nous ne rêvons que d’une chose : poser nos sacs et nous asseoir !
Une bonne douche chaude plus tard, nous voilà tous réunis sur une belle terrasse donnant sur la piscine pour notre premier dîner.
Pas de restaurant ce soir, mais un repas partagé… et quel festin !
Chacune de nos cuisinières a apporté sa spécialité, et les bonnes choses ne manquent pas sur la table. Les plats circulent, les conversations vont bon train, les souvenirs de la journée reviennent, accompagnés de quelques éclats de rire.
On reparle des montées, des descentes, des passages difficiles… et, curieusement, maintenant que nous sommes confortablement installés, tout cela nous paraît déjà beaucoup plus amusant !
Un immense merci à nos cuisinières pour ce délicieux repas !
Cette première journée aura été rude, c’est certain, mais quelle belle aventure ! Des paysages inoubliables, des efforts partagés, beaucoup d’entraide et, pour terminer, une soirée chaleureuse entre amis.

2ème jour – Sylvanès : de l’abbaye cistercienne à l’église russe…
Au moment des retrouvailles, ce matin, le spectacle vaut le détour ! Nous marchons tous un peu « en canard »… Les jambes sont raides, les mollets protestent, les genoux grincent et chacun découvre quelques muscles dont il avait complètement oublié l’existence !

Mais qu’importe ! Le moral est toujours au beau fixe et nous sommes bien décidés à profiter de cette nouvelle journée. Et justement, le ciel semble vouloir nous récompenser : un soleil magnifique, une lumière extraordinaire et cette belle douceur qui donne envie de partir à la découverte !
Nous prenons donc les voitures, direction Sylvanès, au cœur des paysages verdoyants du sud de l’Aveyron.
Notre première visite nous conduit à la magnifique abbaye.
Fondée en 1136, cette ancienne abbaye cistercienne nous accueille dans un cadre paisible, entouré de collines boisées. Dès les premiers instants, nous sommes séduits par la beauté et la simplicité de son architecture romane.
Ici, pas de décorations excessives ni de sculptures compliquées. Tout repose sur l’harmonie des proportions, la sobriété de la pierre et surtout… la lumière !Et quelle lumière ! En pénétrant dans l’immense église abbatiale, nous sommes saisis par cette atmosphère si particulière. Les hautes voûtes, les murs de pierre aux teintes chaudes, les ouvertures qui laissent entrer doucement le soleil… tout invite au silence et à la contemplation. Nous découvrons un lieu chargé de près de neuf siècles d’histoire, autrefois rythmé par la vie austère des moines cisterciens, entre prières, travail et silence. Après des siècles de déclin, l’abbaye a retrouvé une nouvelle vie au XXe siècle, notamment grâce au père André Gouzes. Elle est aujourd’hui devenue un haut lieu de rencontres culturelles et musicales, particulièrement réputé pour son festival de musiques sacrées et de musiques du monde.
Et cela ne nous étonne pas : dans un tel décor, on imagine facilement la magie des chants résonnant sous ces voûtes !
Nous ressortons de cette visite émus, enthousiastes, admiratifs… Heureux d’avoir découvert un si beau témoignage de notre patrimoine.
Mais voilà qu’à la sortie, une autre découverte attire notre attention… un restaurant proposant des spécialités de l’Aveyron !
Voilà une tentation à laquelle nous n’avons pas vraiment envie de résister !
Il ne faut pas longtemps pour prendre une décision : nous voici tous attablés autour de bons petits plats du terroir. Après les efforts de la veille, nous estimons avoir largement mérité ce moment de gourmandise !
Et si les assiettes sont généreuses, les plaisanteries le sont encore davantage !
Les histoires s’enchaînent, les bonnes blagues fusent, les rires éclatent d’un bout à l’autre de la table… Certains ont même du mal à reprendre leur souffle !
Stop ! Assez ! Nos zygomatiques n’en peuvent plus !
Décidément, après les courbatures des jambes, voilà que nous risquons celles des joues !
Mais les surprises de cette journée ne sont pas terminées !
Après ce délicieux repas et nos mémorables parties de rire, voilà que nous avons droit à un accueil tout particulier : Monsieur le Maire de Sylvanès, Michel Wolkowicki, nous reçoit en VIP ! Eh oui, rien que ça ! Nous voilà presque devenus des personnalités officielles ! Un accueil sympathique et chaleureux, un moment d’échange privilégié qui nous touche beaucoup et ajoute une belle note à notre découverte de Sylvanès.
Parenthèse de Philippe :
Moment privilégié à l’abbaye de Sylvanès.
Quatre jours de randonnées ravissantes, en groupe, entre l’Hérault et l’Aveyron, en ce doux début d’automne.
Beaucoup de bons moments, de belles images, des paysages enregistrés dans nos mémoires.
Des histoires rarement sérieuses, des blagues, des explications, des silences, des situations.
Je retiens un moment privilégié, je m’y arrête.
Nous sommes le 15 octobre à 10 heures. Il fait bon, soleil, ciel d’azur, un parterre de cosmos en fleur. Nous commençons la visite de l’abbatiale c’est à dire l’église de l’abbaye de Sylvanés.
Des mesures de l’église du monastère de Sylvanès je retiendrai 2 nombres : 14 mètres de large sur 18 m de haut. Retenir 14 sur 18. Ces mesures sont exceptionnellement grandes pour une église romane qui a une voûte en berceau de plusieurs centaines de tonnes.
En rentrant dans cette église le temps s’arrête.
Les grandes dimensions hauteur et largeur créent un si grand espace entre la voute et le sol ; vous percevez une sensation très forte de puissance, de charme, de grandeur, de beauté, d’harmonie.
On est aux limites de ce que l’on peut voir en architecture car on sait que si le bâtisseur voulait élever une église romane à la fois plus haute et plus large : elle s’écroulerait.
En me répétant les nombres et cette proportion magiques de 14 m sur 18 m je pense aux philosophes pythagoriciens pour qui « les nombres ne sont pas de simples outils de calcul mais l’essence même et la structure de toute réalité ».
Un petit moment d’égarement dans le mystère de la construction, des bâtisseurs du moyen âge et du mystère des nombres et de leurs combinaisons.
A mesures exceptionnelles d’une nef romane, acoustique exceptionnelle.
Claude et Marie Chantal chantent un Ave Maria ; Dieu apparut un instant. Silence.
Historiquement, de façon naturelle lorsque des mélomanes inspirés sont entrés en 1975 dans cette église de Sylvanès le sort de ce lieu était joué : l’abbaye serait une lieu dédié au chant, à la musique sous toutes ses formes.
D’où aussi la construction d’un grand orgue (6000 tuyaux) et surtout l’organisation de festivals, de stages de musique très renommés qui attirent des foules. Aboutissement : Sylvanès est labellisé en 2015 «centre culturel de rencontre».
Et, ne leur répétez pas, mais nous avions dans le groupe Claude et Michel, parents de Cécile artiste musicienne régulièrement présente parmi les artistes qui se produisent à Sylvanès. Elle fait partie aussi des animateurs des festivals et des stages de chant qui y sont organisés.
Nous avons pu grâce à eux rencontrer Michel Wolkowitsky, un des participants dynamique et sympathique du renouveau du site en 1975. C’est l’actuel directeur du centre, chanteur, professeur de chant et maire de Sylvanès.
… Voir et écouter à Sylvanès …
Décidément, entre les merveilles du patrimoine, les plaisirs de la table et les honneurs de la municipalité, nous sommes particulièrement gâtés aujourd’hui ! Mais attention, il ne faudrait pas prendre goût à la vie de VIP… Nos chaussures de randonnée nous attendent !
Nous voilà donc repartis pour une belle promenade à travers la montagne.
Et là, quelle agréable surprise ! Une large piste, confortable, régulière et surtout… sans cailloux !
Après les acrobaties de Mourèze, nous apprécions ce changement ! Nous pouvons enfin marcher normalement, sans surveiller chaque pas ni chercher où poser les pieds. Quel luxe !
Le chemin monte tranquillement à travers les collines boisées. La forêt nous enveloppe de sa fraîcheur, les arbres filtrent les rayons du soleil et la lumière joue avec les feuillages. Nous avançons à notre rythme, dans une atmosphère paisible, profitant pleinement de cette belle nature.
Et puis, au détour du chemin, nous découvrons un édifice tout à fait inattendu : une église russe, perdue au milieu de la verdure ! Quelle surprise de trouver ici, dans une vallée de l’Aveyron, une véritable église orthodoxe russe !
Il s’agit de l’église Saint-Nicolas, construite en Russie, dans la région de Kirov, selon les techniques traditionnelles des charpentiers russes, puis démontée, transportée et remontée ici, près de Sylvanès, dans les années 1990.
Entièrement réalisée en bois, elle se distingue par ses formes élancées, ses toitures superposées et ses bulbes caractéristiques de l’architecture religieuse russe. Au milieu de cette clairière entourée de forêts, elle semble tout droit sortie d’un conte ! On s’attendrait presque à voir apparaître quelques personnages des légendes russes entre les arbres…
Le contraste avec l’abbaye cistercienne visitée le matin est saisissant : d’un côté, la pierre romane, massive et dépouillée ; de l’autre, le bois, les lignes élancées et les traditions de l’architecture orthodoxe. Deux édifices religieux, deux cultures, deux architectures… mais une même impression de sérénité !
Malheureusement, l’église est fermée !
Qu’à cela ne tienne ! La curiosité est plus forte que tout. Nous tournons autour de l’édifice, admirons les détails de sa construction et cherchons désespérément un moyen d’apercevoir l’intérieur. Un petit coup d’œil par la serrure ? Une fenêtre sur le côté ? On essaie tout ! Nous voilà transformés en véritables détectives du patrimoine ! Mais il faut bien nous rendre à l’évidence : aujourd’hui, nous devrons nous contenter de la beauté extérieure de cette étonnante église.
Après avoir bien profité de ce cadre enchanteur, nous reprenons le chemin du retour.
Et cette fois, pas question de tenter une variante aventureuse !
Nous redescendons sagement par les mêmes pistes qu’à l’aller. Au moins, nous savons exactement ce qui nous attend : pas de rochers à escalader, pas de chaînes auxquelles s’accrocher, pas de descentes infernales… Après l’expérience de la veille, nous apprécions particulièrement cette certitude !
La route pour rejoindre notre hébergement est un peu longue, mais nous sommes détendus et heureux de cette belle journée. Et puis, ce soir, aucun souci d’intendance ! Il reste tellement de bonnes choses de notre festin de la veille que nous avons de quoi dresser une nouvelle table bien garnie.
Nous nous retrouvons donc une fois encore sur notre jolie terrasse, avec vue sur la piscine, pour partager un dîner improvisé.
Les plats circulent, les conversations reprennent, les histoires s’enchaînent… et les éclats de rire aussi !  Décidément, nous n’avons pas fini de faire travailler nos zygomatiques !
Quelle belle journée ! Une abbaye émouvante, une église russe surprenante, une randonnée agréable, un excellent repas et surtout cette merveilleuse complicité qui fait tout le bonheur de nos séjours.

3ème jour – De Soumont au prieuré Saint-Michel de Grandmont : des pierres, des mystères… et des cœurs !
Ce matin, bonne nouvelle : nous n’avons pas beaucoup de route à faire pour rejoindre le départ de notre randonnée ! Mais attention… ce n’est pas parce que la route est courte qu’elle est de tout repos ! Pour atteindre le petit village de Soumont, il faut emprunter une route particulièrement impressionnante, qui grimpe à flanc de montagne avec des virages qui nous donnent parfois l’impression de partir à l’aventure ! Heureusement, nos chauffeurs maîtrisent parfaitement la situation et nous arrivons à bon port.

Et là… quelle surprise !
Depuis le village, nous découvrons une vue magnifique sur le lac du Salagou et, surtout, sur cette fameuse montagne de Liausson qui nous a donné tant de fil à retordre le premier jour ! Nous distinguons parfaitement sa longue crête et pouvons même imaginer le chemin parcouru là-haut, entre ciel et terre. Alors forcément, les commentaires fusent !
– C’est vraiment là-haut qu’on est passés ?
– Mais oui ! Et on a même marché tout le long !
En regardant cette montagne depuis Soumont, nous prenons encore davantage conscience de notre exploit. Finalement, nous pouvons être fiers de nous !
Mais aujourd’hui, le programme s’annonce plus raisonnable. Une randonnée plus facile, paraît-il…
Enfin, tout est relatif !
Nous commençons par une longue descente, assez raide et surtout bien caillouteuse. Décidément, les pierres ne veulent pas nous quitter ! Mais cette fois, pas besoin de jouer les acrobates : nous pouvons nous contenter de rester sur nos deux pieds ! Et après Mourèze, c’est déjà un immense progrès !
Le sentier s’enfonce dans une forêt dense et magnifique. Les arbres forment une belle voûte de verdure au-dessus de nos têtes, la lumière filtre entre les feuillages et l’ambiance est paisible. Ce chemin serait presque bucolique… si nous pouvions lever les yeux de temps en temps !
Mais non ! Il faut encore surveiller chaque pas, éviter les pierres qui roulent et négocier les passages les plus irréguliers.
Enfin, nous arrivons au bord d’un petit ruisseau.
Chacun observe les pierres, calcule son passage, cherche le meilleur endroit pour traverser… et se lance ! Le résultat est remarquable : sur 26 pieds, un seul termine dans l’eau !
Mais après être descendus, il faut bien remonter !
Et là, les choses se compliquent un peu. Une pente raide nous attend, de celles qui obligent à raccourcir le pas, à pousser sur les bâtons et à retrouver son souffle.
Heureusement, la pente finit par s’adoucir… mais elle continue, continue, continue !
Nous grimpons patiemment à travers la forêt, en nous demandant parfois si ce fameux prieuré existe vraiment ou s’il s’agit d’une légende destinée à nous faire marcher !
Et puis, enfin, nous arrivons devant le prieuré Saint-Michel de Grandmont.
Quel endroit étonnant !
Perdu au milieu d’un vaste domaine boisé, entouré de rochers et de verdure, cet ancien monastère semble vivre à l’écart du monde.
Nous posons nos sacs devant l’entrée, heureux de pouvoir enfin nous installer.
Mais il va falloir patienter : deux bonnes heures avant la visite !
Qu’à cela ne tienne ! Après notre marche, nous savons apprécier le repos. Nous profitons de ce moment pour nous restaurer, bavarder, observer les lieux et surtout reposer nos jambes.
Et puis vient enfin le moment de découvrir ce prieuré si particulier.
Fondé à la fin du XIIe siècle, il appartenait à l’ordre de Grandmont, une communauté religieuse née dans le Limousin, qui prônait une vie de pauvreté, de silence, de prière et de solitude. Le choix de cet emplacement n’avait donc rien d’un hasard : loin des villes et de leur agitation, les religieux trouvaient ici un cadre idéal pour mener une existence retirée. Nous découvrons une architecture romane d’une grande sobriété, avec son église, son cloître, sa salle capitulaire et les bâtiments qui abritaient autrefois la vie quotidienne des moines. L’église, dépouillée de toute décoration superflue, reflète parfaitement l’esprit de cet ordre religieux. Le cloître, avec ses arcades, constitue l’un des éléments les plus remarquables de l’ensemble. Le domaine possède également un patrimoine mégalithique étonnant, avec notamment un dolmen, que nous avons découvert avant d’arriver au Prieuré. Des pierres préhistoriques aux pierres médiévales… notre séjour porte décidément bien son nom !
Nous sommes heureux de découvrir ce monument si particulier, même si notre impression générale reste un peu mitigée. Nous avons le sentiment que ce beau patrimoine mériterait davantage d’attention, de mise en valeur et peut-être un petit coup de jeunesse ! Il possède tant de charme, tant d’histoire, tant de richesses… Il faudrait lui redonner un peu de peps !
Après cette visite, nous reprenons notre randonnée.
Et voilà que notre chemin nous réserve une nouvelle curiosité : la Pierre des Rials. Dans ce paysage de collines, de bois et de rochers, cette pierre attire notre attention.
Puis nous poursuivons tranquillement notre chemin jusqu’à Soumont, où nous retrouvons nos voitures.
Mais la journée n’est pas terminée !
Nous décidons de faire une halte au bord du lac du Salagou.
Et là… quel spectacle !
Le soleil est encore éclatant, mais sa lumière commence à raser le paysage. Les reliefs prennent des teintes chaudes, les terres rouges s’illuminent et l’eau du lac affiche un bleu absolument magnifique.
Nous nous installons un moment pour profiter de cette ambiance paisible. Quelques pêcheurs naviguent tranquillement dans leurs petites barques. Nous les observons avec curiosité, essayant de deviner ce qu’ils peuvent bien attraper dans ces eaux si calmes.
Mais au fait… pourquoi notre séjour s’appelle-t-il « Cœurs de Pierres » ?
Peut-être est-ce le moment de raconter une belle histoire…
« Il était une fois, bien avant que le lac du Salagou existe, une jeune fille, fille du seigneur de Liausson, qui tomba éperdument amoureuse d’un simple paysan.
Mais à cette époque, on ne mélangeait pas facilement les conditions sociales ! Leur amour était interdit et les deux jeunes gens ne pouvaient vivre leur histoire au grand jour. Alors, pour se déclarer leur amour, ils avaient trouvé une jolie idée : dessiner des cœurs avec des pierres blanches sur la terre rouge du Salagou. Ainsi, sans prononcer un mot, ils pouvaient se transmettre leurs sentiments ».
La légende raconte que cette tradition s’est perpétuée et que, longtemps après eux, les amoureux ont continué à dessiner des cœurs de pierres sur les collines du Salagou.
Voilà une bien jolie histoire… Car finalement, après toutes les pierres que nous avons escaladées, enjambées et parfois maudites, nous sommes heureux de découvrir qu’elles peuvent aussi parler d’amour !
Mais il est temps de retrouver notre hébergement !
Nous reprenons la route et, une fois arrivés, nous rejoignons rapidement notre désormais célèbre terrasse.
Il faut dire qu’elle est devenue notre petit quartier général : on s’y retrouve, on y raconte nos aventures, on y refait les randonnées… et surtout, on y passe de merveilleuses soirées !
Et ce soir, le menu est particulièrement alléchant : aligot-saucisse !
Ah, voilà de quoi récompenser dignement nos efforts !
L’aligot file, les assiettes se remplissent, les conversations s’animent et les rires reprennent de plus belle. Quelques douceurs viennent compléter ce festin, parce qu’après tout, nous avons bien mérité de nous faire plaisir !

4ème jour – Le Canyon du Diable : un dernier émerveillement avant le retour !
Ce matin, quelques nuages semblent vouloir calmer notre enthousiasme… Auraient-ils compris que c’est déjà le dernier jour de notre séjour ? Il faut bien l’avouer, nous avons un petit pincement au cœur. Quatre jours, cela passe tellement vite quand on est bien ensemble ! Mais pas question de se laisser gagner par la mélancolie ! Nous avons encore une belle découverte au programme.

Après avoir rangé nos chalets, bouclé les valises et vérifié que rien ne reste derrière nous, nous disons au revoir à notre verdoyant camping, qui nous a si bien accueillis et un dernier regard vers notre chère terrasse… Ah, cette terrasse ! Elle en aurait des choses à raconter si elle pouvait parler ! Les repas partagés, les éclats de rire, les histoires, les plaisanteries… Elle aura été le véritable cœur de nos soirées.
Mais il est temps de prendre la route.
Direction le Canyon du Diable, près de Saint-Jean-de-la-Blaquière !
Et comme par enchantement, les nuages s’effacent pour laisser place à un soleil somptueux. Décidément, la météo aura été particulièrement généreuse avec nous tout au long de ce séjour !
Dès notre arrivée, nous découvrons un paysage absolument étonnant.
Mais où sommes-nous donc ? Sur Terre… ou sur la planète Mars ?
Devant nous s’étend un décor presque irréel, fait de petites collines rouges, de ravines, de creux, de bosses et de formes étranges sculptées par l’érosion.
Ici, pas de grandes forêts ni de sentiers pierreux comme les jours précédents. Le paysage est ouvert, lumineux, presque désertique par endroits.
La terre rouge, composée de roches sédimentaires anciennes, a été patiemment travaillée par les eaux de ruissellement. Au fil du temps, les pluies ont creusé des sillons, façonné des reliefs tourmentés et créé ce décor si particulier, que l’on compare parfois aux paysages de l’Ouest américain.
Les couleurs sont extraordinaires ! Le rouge  se mêle au vert de la végétation et au bleu du ciel. Et avec ce soleil éclatant, chaque relief semble encore plus beau !
Nous avançons dans cet univers insolite, nous arrêtant régulièrement pour admirer les formes de la terre, observer les ravines et photographier ce paysage qui ne ressemble à aucun autre.
Au milieu de ce décor presque aride, nous avons la chance de découvrir une cascade !
Le spectacle est magnifique, d’autant plus que la présence d’eau n’est pas toujours aussi généreuse dans ce canyon, particulièrement après les périodes sèches.
Nous prenons le temps d’admirer , d’écouter le bruit de l’eau et de profiter de ce cadre à la fois curieux, sauvage et impressionnant.
Après cette découverte, nous rebroussons chemin pour rejoindre un endroit idéal pour notre pause déjeuner.
Nous nous installons sur une belle terrasse naturelle qui domine une grande partie du canyon.
Devant nous, le paysage s’étend à perte de vue, avec ses collines rouges, ses ravines et ses formes étonnantes. Un véritable tableau grandeur nature !
Nous pouvons même apercevoir au loin le fameux « Saut du Poisson », une autre cascade qui ajoute encore au charme de ce site insolite.
Il fait bon, le soleil brille, le panorama est superbe… Que demander de plus ?
Les conversations vont bon train et, bien sûr, nous revenons sur les aventures de ces quatre journées.
Les rochers de Mourèze, la montée vers la montagne de Liausson, nos jambes en canard du lendemain, l’abbaye de Sylvanès, l’église russe, le prieuré de Grandmont, le pied mouillé dans le ruisseau, les magnifiques couleurs du Salagou… Sans oublier les repas, les soirées sur la terrasse et surtout nos interminables parties de rire !
Que de souvenirs en seulement quatre jours !
Mais il faut bien finir par se lever et reprendre le chemin.
Nous poursuivons notre balade à travers ce paysage si particulier avant de rejoindre nos voitures.
Cette fois, le retour vers Beaucaire se précise vraiment.
Trois de nos filles prennent directement la route du retour. Nous nous disons au revoir, avec la promesse de nous retrouver très vite.
Mais pour les autres… il reste encore une petite envie de prolonger le plaisir !
Alors, pourquoi rentrer tout de suite ?
Nous décidons de faire une dernière halte à Saint-André-de-Sangonis.
Nous nous installons à la terrasse d’un café, sur une jolie place de ce village languedocien, dans cette ambiance tranquille et accueillante des villages du Midi.
Un café, quelques bavardages, encore des sourires… et bien sûr, quelques dernières plaisanteries !
On pourrait croire que nous avons épuisé notre réserve d’histoires et de bonnes blagues pendant ces quatre jours… Eh bien non ! Il en reste encore !
Mais voilà… notre séjour « Cœurs de Pierres » s’achève.
Quatre jours de découvertes, de paysages extraordinaires, de patrimoine, de randonnées parfois exigeantes, de petits défis et de grandes satisfactions. Nous avons escaladé des rochers, grimpé des montagnes, traversé des forêts, découvert des monuments chargés d’histoire, admiré des lacs et des cascades… Nous avons parfois soufflé, parfois peiné, souvent ri… mais toujours avancé ensemble ! Et c’est bien là l’essentiel. Car au-delà des paysages et des kilomètres parcourus, ce sont les moments partagés qui resteront nos plus beaux souvenirs.
Mais pas question de verser une petite larme !
Nous avons déjà hâte de retrouver nos copains !
Vivement lundi et les prochains jours pour leur raconter nos exploits !
Et, bien entendu, nous allons peut-être en rajouter un tout petit peu… Mais chut ! Il faut bien entretenir notre réputation de grands aventuriers !